
Le smog inspire les transports publics
Lors des pics de pollution atmosphérique, certains cantons romands octroient des réductions pour les transports publics. Tour d’horizon
La météo annonce le beau, les services de l’énergie le smog, qui croire? On sait désormais que les deux sont intimement liés. En été, le soleil agit sur les polluants primaires (hydrocarbures, oxydes d’azotes) principalement dus au trafic et conduisant à la formation d’ozone, un gaz très irritant pour les voies respiratoires et les muqueuses.
En plus des mesures prises tout au long de l’année, les cantons romands ont mis en place des mesures ponctuelles, destinées à sensibiliser la population et éventuellement à l’amener à modifier ses habitudes de transport.
Transports presque gratuits
Neuchâtel a frappé un grand coup cette année en offrant une réduction de 70% sur un abonnement mensuel «Onde verte» aux automobilistes qui déposent les plaques pendant un mois, primes RC (pas casco) et taxes étant à la charge des autorités. L’action est valable entre le 1er juin et le 31 juillet quelque soit le niveau de pollution atteint, mais ne concerne par les motos et les scooters. Elle est par ailleurs limitée à 700 abonnements (info sur www.ne.ch).
De leur côté, Vaud et Valais ont mis en place de manière coordonnée leur opération «Bol d’air»: en cas de pic de pollution (estivale ou hivernale), les deux cantons offrent un rabais de 20 fr. sur une carte CFF multicourse au départ d’un des deux cantons ou une «carte multijours» du réseau vaudois Mobilis.
Les CFF se retirent
Certains se souviennent que ces deux cantons offraient aux automobilistes un abonnement CFF demi-tarif pour trois mois au tiers du prix, soit 20 fr., toujours en cas de concentration élevée de polluants. Cette action avait connu un grand succès. Guy Défayes, chef de Section au Service de la protection de l'environnement du Valais, se souvient qu’il s’en était distribué respectivement 1200 et 1500 dans son canton, deux années consécutives. Malheureusement, les CFF ont décidé unilatéralement de mettre fin à l’expérience.
La campagne «carte grise», menée en 2006 et qui consistait à offrir la gratuité sur le réseau des Transports publics lausannois contre présentation du permis de circulation, a aussi fait long feu. Séduisante a priori cette initiative avait fâché les non-automobilistes qui devaient, eux, continuer à payer leur bus.
Ailleurs…
Pour les autres cantons romands, Fribourg dit avoir sous le coude un plan d’action en faveur des transports publics qu’il dévoilera le temps venu. En revanche, Genève, Berne et Jura ont renoncé aux mesures promotionnelles qu’ils jugent «spectaculaires, mais pas très efficaces pour réduire effectivement la pollution».
Philippe Chevalier


