
De l’uranium dans l’eau minérale
Présent dans l’eau minérale en différentes quantités, l’uranium peut endommager les reins. Etat des lieux en Suisse.
Certaines roches suisses contiennent de l’uranium, qui se retrouve ensuite dans l’eau minérale que nous buvons. Ce dernier compte plusieurs isotopes qui ne sont pas tous radioactifs. Mais il s’agit d’un métal lourd, toxique en tant que tel, dont l’ingestion répétée peut endommager principalement les reins, mais aussi le foie et le cerveau.
Notre tableau comparatif de 25 eaux minérales suisses montre que sa teneur diffère fortement d’un produit à l’autre. Les sources situées en Valais en contiennent le plus. L’eau Aproz, avec 9 µg/l, affiche la plus forte teneur. Dans le haut du classement, on retrouve également des produits très vendus en Suisse romande comme Aquella (8,2 µg/l) et M-Budget (7,8 µg/l). Ou encore, avec des quantités moins importantes, Cristalp (3,8 µg/l) et Prix-Garantie 2,8 µg/l. A l’opposé, l’Eptinger, dont la source se trouve à Bâle-Campagne, contient moins de 0,2 µg/l.
Mais quelle est l’ampleur du danger? Les avis divergent. En Allemagne, l’eau du robinet ne peut contenir plus de 10 microgrammes d’uranium (µg) par litre et la mention « conseillée aux nourrissons » est interdite pour les eaux qui dépassent 2 µg/l.
Moins stricte, l’Organisation mondiale de la santé a fixé une recommandation de 15 µg/l en 2005 pour les eaux de boisson, en se basant sur une étude expérimentale. Cette teneur a toutefois été portée à 30 µg/l en 2011 sur la base d’une étude épidémiologique. Les chercheurs soulignent toutefois un manque de connaissance approfondie sur les effets chroniques de l’uranium dans les eaux de boisson. En Suisse, il n’existe actuellement aucune recommandation. L’OFSP envisage toutefois d’introduire une recommandation de 30 µg/l basée sur celle de l’OMS.
Sébastien Sautebin


