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Billet non composté: amende à la clé

A la gare, en cas de panne de composteur, une simple inscription par la main de l’usager sur le billet n’est pas acceptée par les CFF, qui amendent de 90 fr.

De retour de vacances, Franz Moser* (nom d’emprunt) prend le train à l’aéroport de Zurich pour regagner son domicile. En arrivant sur le quai, muni d’un billet à composter, il constate que la machine est en panne. Le départ étant imminent, il décide alors de monter à bord et d’inscrire à la main, lui-même, la date d’utilisation sur le titre de transport. Un acte d’honnêteté, mais qui ne déclenche pas du tout la réaction attendue: les deux contrôleurs lui reprochent de ne pas avoir de billet valable. L’infortuné voyageur doit non seulement payer son voyage (26 fr.) mais écope en plus d’une jolie amende de 90 fr. Assez stupéfait par cette décision, Franz Moser écrit au service clientèle des CFF pour se plaindre. Ce dernier lui donne tort.

Une décision absolument correcte pour Patricia Claivaz. La porte-parole des CFF nous indique que l’ex-régie fédérale se conforme aux règles édictées par l’Union des transport publics (UTP). Cette dernière estime qu’en cas de panne d’un composteur dans une grande gare, le passager doit utiliser un autre appareil. Or, «dans la gare de Zurich, il y a plus de 25 composteurs», souligne Patricia Claivaz. Et si l’on n’a pas le temps de chercher une autre machine? «Il vaut alors aller activement vers l’agent de service pour lui demander ce que l’on doit faire. Tous les trains grande ligne ont un contrôleur et même deux à partir de 22 heures». S’il décide de monter à bord sans faire cela, le client devra s’acquitter d’une amende de 90 fr. Derrière cette décision, la volonté des CFF d’empêcher que des clients tentent de voyager à l’œil en montant sciemment à bord sans composter leur billet, et ne le remplissent, à la main, qu’à la venue éventuelle du contrôleur.

Des cas ont pourtant été rapportés à notre magazine faisant état d’une certaine tolérance de la part d’agents de train pour des passagers qui ont rempli leur billet à la main. Il s’agit d’exceptions, qui relèvent d’une décision personnelle du contrôleur, mais qui n’obéissent absolument pas à une stratégie de souplesse dictée par l’ex-régie fédérale.

Patricia Claivaz rappelle que «depuis le 12 décembre dernier, la règle est claire: plus aucun voyageur n’est autorisé à monter dans un train sans un titre de transport valable. Avec un million de passagers par jour, les CFF ne peuvent pas faire d’exception au cas par cas».

Si vous écrivez malgré tout d’écrire la date à la main, sachez que c’est à vos risques et périls et que le contrôleur a tout à fait le droit de vous amender. Libre à chacun d’apprécier ou non la sentence…

Sébastien Sautebin