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Accro au portable? Dialoguez

Si votre adolescent n’arrive pas à décrocher de son smartphone, privilégiez la discussion.

Selon une étude de l’école de l’Ecole zurichoise de psychologie appliquée (ZHAW), 37 000 personnes âgées de 12 à 19 ans, soit un jeune sur 100, souffrent de dépendance à leur téléphone portable.

Pour le docteur Olivier Simon, responsable du Centre du jeu excessif au Département de psychiatrie du CHUV, ce phénomène «s'inscrit dans le cadre plus large de ce que les professionnels qualifient aujourd'hui de “troubles liés aux médias électroniques“, qui intègrent différentes conduites addictives comportementales, principalement liées à internet et aux jeux vidéo.» A ce jour, les données scientifiques ne permettent pas d'affirmer que ces troubles renvoient aux mêmes causes que les addictions aux substances, ou que l'addiction aux machines à sous. Parler de dépendance sous l'angle médical est donc prématuré.

Le rôle des parents

Au-delà du débat scientifique, que doivent, très concrètement, faire les parents qui estiment que leur enfant passe trop de temps sur son téléphone portable? Jean-Félix Savary, secrétaire général du Groupement romand d’études des addictions estime qu’«Internet ou les smartphones sont quelque chose de central chez les adolescents d’aujourd’hui». Face à notre difficulté de comprendre, dans un monde de nouvelles technologies qui évolue très vite, et qui nous dépasse souvent, «il faut d’abord chercher le contact et le dialogue avec l’adolescent pour mieux concevoir ce qu’il fait avec son portable, ce qu’il recherche, ce que ça lui apporte. En ayant une meilleure compréhension de ce qui se passe, on peut essayer de définir avec lui des limites ».

Olivier Simon va dans le même sens: «Les conseils sont de même nature que ceux prodigués en matière d'accès aux écrans en général, et à internet en particulier. La première mesure que les parents devraient prendre est de s’intéresser aux habitudes, besoins et significations pour le jeune de cette nouvelle technologie. Un passage obligé avant de renégocier utilement les limites applicables, notamment la durée d’utilisation et les horaires, au domicile parental comme à l'école.»

En premier lieu, aborder le problème dans le cadre familial se profile comme la solution la plus adéquate. Si cela ne suffit pas, le recours à un centre spécialisé peut être envisagé. Pour l’heure, les demandes d'aide liées spécifiquement au portable demeurent relativement marginales par rapport aux celles liées à internet ou aux jeux vidéo. C'est l'ampleur des conséquences négatives, couplée à la souffrance perçue, qui justifient la demande d'aide, précise Olivier Simon. Le site www.sos-jeux.ch indique les adresses romandes. Le site www.stop-jeu.ch consacre quand à lui une rubrique FAQ aux médias électroniques.

Sébastien Sautebin