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Du poison dans les vêtements

Certains textiles, vendus en Suisse mais importés de l’étranger, contiennent des produits chimiques toxiques pour l’environnement

Plusieurs habits vendus en Suisse contiennent des produits pouvant nuire à l’environnement. Voilà ce que révèle une étude de l’association écologiste Greenpeace. Ces substances chimiques sont libérées dans les eaux lors des lessives et mettent en danger les poissons, donc toute la chaîne alimentaire.

Au ban des accusés, on retrouve notamment le maillot de l’équipe nationale de football produit par Puma, qui contient jusqu’à 47 milligrammes par kilo de nonylphenénols polyéthoxylés (NPE), particulièrement dangereux pour la faune aquatique. Encore plus grave, le taux de NPE atteint 160 mg/kg dans les textiles de la marque Calvin Klein. Alors que habits de chez H&M n’en contiennent «que» 19 mg/kg.

Deux tiers des produits testés par Greenpeace contenaient des NPE. Dans 30% des cas, ils dépassaient les limites autorisées. Après avoir testé 14 pièces d’étoffe, les enquêteurs ont constaté que lors de la première lessive, près de la moitié des habits ont relâché jusqu’à 80% de leurs substances chimiques dans les eaux usées.

Selon le bureau fédéral de l’environnement allemand, il s’agit là de la principale source de pollution des cours d’eau. En effet, les stations d’épuration sont incapables de filtrer ces substances.

Normes insuffisantes

Dans les pays producteurs comme le Vietnam, les Philippines ou la Chine, ces substances, qui servent notamment à colorer ou à imprimer les habits, sont tolérées.

De leur côté, l’Union européenne et la Suisse en interdisent l’utilisation dans l’industrie, mais pas à l’import.

L’UE recommande tout de même à ses membres de ne pas dépasser plus de 300 nanogrammes (ng) litre d’eau. Et pourtant, selon Robert Kase, du centre suisse de toxicologie appliquée de Dübendorf (ZH), les normes européennes sont déjà trop laxistes. Pour protéger efficacement les espèces, il en faudrait 150 fois moins, soit 2 ng/litre!

Des autorités passives

En Suisse, l’organisation des médecins pour l’environnement déplore un manque de contrôle et de mesures de la part des autorités. Les rares données disponibles révèlent en effet que les taux dépassent les limites fixées par l’UE.

Ces mesures, menées par l’Office fédéral de l’environnement, font part de taux compris entre 50 et 450 ng /litre. Pourtant, selon Matthias Gunsch de Greenpeace Suisse, les taux pourraient rapidement baisser si les producteurs de vêtements se passaient des substances incriminées. En moins d’une année, elles pourraient être remplacées par des produits de substitution légèrement plus chers, mais inoffensifs pour l’environnement.

Eric Breitinger/bs