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13 comptes de libre passage: libre passage à haut risque

Rien ne protège les avoirs placés sur une police de libre passage. Gare aux sirènes qui proposent des fonds comprenant une grosse part d’actions.

L’insécurité qui préoccupe tant l’homme de la rue règne aussi, c’est un paradoxe, dans le domaine de la prévoyance professionnelle. Un lecteur de TCF en a fait l’amère expérience après avoir perdu son emploi, ce qui a entraîné des dégâts collatéraux sur son 2e pilier.

Eddys Graziato* n’avait pas imaginé cela. A la fin de 2009, lorsqu’il fait ses cartons chez son ancien employeur, le Groupe Mutuel Prévoyance exige qu’il emporte avec lui l’épargne accumulée sur son 2e pilier. Pas le choix, il ouvre alors un compte de libre passage auprès de la Banque Cantonale de Genève.

Suivant les conseils du banquier, il place les deux tiers de ses avoirs sur un fonds qualifié de «peu risqué» (comprenant 25% d’actions) et le reste sur un fonds plus «agressif» (40% d’actions). Vingt-six mois plus tard, non seulement son épargne n’a pas augmenté comme il était en droit de l’attendre, mais elle a fondu de 3700 fr. sur un total de 67 000 fr. Au final, il réalise une (contre-) performance de 5,5% sur toute la période!

Fonds très exposés

Cet exemple, de loin pas isolé, montre une faille importante de la loi fédérale sur le libre passage, dont le but est précisément le maintien des avoirs du déposant lors d’une interruption de travail.

Contrairement au 2e pilier constitué en cours d’emploi, le Conseil fédéral ne fixe aucun taux d’intérêt minimal pour les avoirs transitoirement placés sur une police de libre passage. Surtout, la loi autorise les fonds à contenir jusqu’à 50% d’actions, ce qui les rend très vulnérables aux risques boursiers. Notre tableau de différentes offres romandes (voir ci-contre) démontre que les fonds fortement exposés en actions ont pratiquement tous pris un «bouillon» en 2011, alors que les paniers plus prudents ont réalisé des performances très honorables. C’est pourquoi les sites des banques recommandent ce type de placements aux personnes pouvant laisser leur avoir pendant cinq ou huit ans au minimum, ce qui est rarement le cas entre deux postes, notamment.

Dans le cas d’un chômeur, Michel Gauthier, fondé de pouvoir à la Banque Cantonale de Fribourg, estime que «les conseillers devraient proposer des placements sûrs à 100%, quitte à laisser l’argent sur un compte». A la Banque Coop, on assure que les conseillers ne proposent jamais l’épargne en titres dans le cadre du libre passage – bien que son site décrive cette option comme un «moyen d’optimiser sa prévoyance». Migros, enfin, souligne que ce type de fonds intéresse moins de 5% de leurs clients.

Philippe Chevalier

*Nom modifié.


Pour télécharger le tableau comparatif, se référer à l'encadré au-dessous de la photo.

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