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Le Valais rattrape son retard

Longtemps inférieurs à la moyenne suisse, les prix des appartements en PPE dans le canton du Valais ont franchi un palier symbolique en 2011.

C’est comme si la valeur des PPE en Valais suivait le relief du paysage. Du moins si l’on examine le prix moyen d’un appartement de 4,5 pièces qui culmine à 1,06 million de francs à proximité du Cervin (Zermatt), pour plonger à 460 000 fr. dans le Bas-Valais, à Saint-Maurice. Si Zermatt tutoie les sommets, deux autres stations huppées ne sont pas en reste: à Saas-Fee comme dans la commune de Bagnes (Verbier), il faut allonger plus de 720 000 fr. pour acquérir un logement comparable. Mais, en considérant le canton dans sa globalité, le niveau des prix correspond à la moyenne suisse.

Retard comblé

Le phénomène le plus intéressant, c’est que le Valais a longtemps affiché des chiffres inférieurs à la moyenne nationale. Or, en 2011, la tendance s’est inversée, puisque le Vieux-Pays a légèrement dépassé l’indice moyen suisse. «Il faut se rappeler que le Valais est parti avec des prix extrêmement bas, la crise des années 1990 aidant», précise Cédric Dubuis, directeur de Valimmobilier.

Ce constat est corroboré par le Centre d’information et de formation immobilières (CIFI) qui observe que le marché valaisan n’a redémarré qu’en 2004, soit trois à quatre ans plus tard qu’ailleurs. Entre 2006 et 2011, le Vieux-Pays a donc rattrapé son retard avec une hausse des prix marquée. «Elle est exceptionnelle si l’on se réfère à la période précédente. Mais elle reste tout à fait comparable à la moyenne suisse», détaille Driss Agramelal, consultant au CIFI. 

Offre déséquilibrée

La configuration du Valais oblige à faire une distinction entre les PPE de logement et celles de vacances. Les premières servent d’habitations principales et sont avant tout concentrées dans les grandes villes à l'instar de Sion, de Martigny ou de Monthey. Mais, ainsi que le relève Cédric Dubuis, leur augmentation a été plus spectaculaire encore dans les zones périurbaines comme Conthey ou Collombey. Quant aux PPE de vacances, elles sont logiquement situées dans les stations touristiques de montagne.

En plaine, l’offre en appartements de 4,5 pièces dépasse bien souvent la demande. «Avec un prix du terrain relativement bas et des taux hypothécaires très faibles, les familles ont plus facilement accès à la propriété en Valais qu’ailleurs. Or, si elles en ont la possibilité, elles préfèrent acheter une villa plutôt qu’un appartement», résume Driss Agramelal. Une situation qui contraste avec le manque de petits appartements (de 2 à 3,5 pièces). Ce qui fait dire à Cédric Dubuis que l’offre en PPE n’est pas adaptée aux besoins actuels de la population.

Et quid de l’avenir? Le CIFI estime que les gros travaux d’infrastructures (autoroute jusqu’à Brigue notamment) et la hausse programmée du prix des terrains parle en faveur des PPE en plaine. L’évolution de PPE de vacances reste, pour sa part, très floue: tout dépendra de la manière dont l’initiative de Franz Weber sera mise en application. Mais ralentissement il y aura, même si l’intensité du coup de frein reste imprévisible.

Yves-Noël Grin

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