
Procédure antitrust contre Apple
Le ministère de la justice américaine va poursuivre Apple et deux autres éditeurs qui s’étaient entendus pour relever le prix des livres numériques.
Apple avait de toute évidence bien préparé le lancement de son iPad en 2010. Selon le ministère de la justice américaine, la firme de Cupertino s’était entendu, dès l’été 2009, avec cinq éditeurs pour faire grimper le prix des livres numériques. L’objectif? Couper l’herbe sous les pieds du distributeur en ligne Amazon, qui dominait alors le marché des e-books avec des prix très avantageux.
Cette entente aurait permis de casser la concurrence sur les prix et contraindre Amazon à s’aligner sur les tarifs d’Apple. Cette dernière se serait même garanti une commission de 30% sur chaque livre vendu, estime la justice américaine dans sa plainte. Le tout au détriment des consommateurs, qui ont dès lors payé deux à trois dollars de plus par livre numérique, soit des dizaines de millions de dollars en trop au total.
Trois éditeurs cèdent
Parmi les éditeurs concernés, le français Hachette, ainsi que les deux américains HarperCollins et Simon & Schuster, ont accepté de modifier leurs pratiques pour échapper aux poursuites. Hachette et HarperCollins vont même verser 51 millions de dollars à plusieurs états américains pour dédommager les consommateurs. En revanche, le ministère américain de la justice a annoncé mercredi qu’il poursuivait Apple ainsi que les éditeurs Macmillan – filiale du groupe allemand Verlagsgruppe Georg von Holzbrinck – et le britannique Penguin Group.
En Europe, une enquête a également été ouverte en décembre dernier contre les mêmes protagonistes. Aux dernières nouvelles, Apple et les cinq éditeurs auraient fait des propositions de règlement pour parvenir à un accord avec la Commission européenne.
Yves-Noël Grin


