
Les veuves et veufs sont plutôt bien lotis
Les veuves sont plutôt avantagées financièrement, selon un rapport du Conseil fédéral. Des coupes dans leurs prestations ne sont dès lors pas à exclure dans la prochaine réforme de l’AVS.
Veuvage ne rime pas forcément avec péjoration de la situation économique. Tel est le constat d’un rapport, basé sur les résultats d’une étude de l’Université de Genève, adopté hier par le Conseil fédéral.
Après analyse des données fiscales de neufs cantons, combinées à celle du registre AVS, il ressort que la couverture de la perte du revenu causé par le décès du conjoint est bien assurée. En comparaison, un divorce ou une séparation ont des conséquences bien plus lourdes.
Avec un revenu annuel médian de 80 000 fr., une femme veuve avec enfant dispose ainsi de 20 000 fr. de plus qu’une femme célibataire avec enfant. Le rentier veuf dispose, lui, de 100 000 fr., soit 30 000 fr. de plus qu’un homme seul avec enfant.
Serrage de vis?
A l’avenir, les veuves pourraient bien devoir se serrer la ceinture. Elles sont en effet plus nombreuses que les hommes à bénéficier d’une rente de survivants de l’AVS, qui leur est en principe versée jusqu’à l’âge de la retraite. De plus, deux tiers d’entre-elles travaillent aujourd’hui. Ce taux est moins élevé que chez les femmes seules avec enfant. Les hommes, eux, ne représentent que 13% du total des rentes octroyées. Ils ne peuvent en bénéficier que jusqu’à la majorité du cadet de leurs enfants.
Conclusion du Conseil fédéral? La progression de l’activité lucrative des femmes et la répartition des rôles dans la famille plaide pour une couverture plus ciblée du risque décès. En clair, certaines coupes dans les prestations des veuves ne sont pas à exclure lors de la prochaine réforme de l’AVS, et les veufs ne seront pas oubliés non plus… L’ampleur des prestations qui leur sont accordées doit également être revue selon le gouvernement.
Chantal Guyon


