
La banque de la bonne conscience
La Banque Alternative poursuit son bonhomme de chemin depuis 1990, démontrant, selon elle, qu’«un autre modèle est possible».
La Banque Alternative Suisse (BAS*), si elle a aussi connu la crise, s’en sort plutôt bien par rapport à d’autres grosses banques. Selon le dernier rapport d’activité, publié aujourd’hui, ses actifs sous gestion se montaient à 1.24 milliard de francs en 2011, en progression de 10,9% par rapport à l’exercice précédent. Son bénéfice, lui , a progressé de 55%, comparativement à la (mauvaise) année 2010, s’établissant à 5,7 millions de francs. Une goutte d’eau dans l’océan bancaire, mais qui démontre la capacité de la «banque éthique» à résister à la tourmente des marchés.
2009 et 2010 ont été des années difficiles, reconnaît sa porte-parole Barbara Rosslow: «Nous avons souffert, comme tous les investisseurs, des taux d’intérêts extrêmement bas, mais avons pu accroître notre rentabilité en 2011, grâce, notamment à l’augmentation de notre volume d’affaire». Depuis sa fondation, en 1990, la BAS n’a pas cessé de gagner de nouveaux clients, 26 000 à ce jour, séduits par sa philosophie qui place l’éthique au-dessus de la maximisation des profits.
Une banque à l’ancienne
On pourrait dire de la BAS qu’elle est une banque à l’ancienne, du fait qu’elle s’en tient à sa mission première d’intermédiaire au service de l’économie locale. Ainsi, l’argent des déposants sert à financer des immeubles, des petites entreprises ou des exploitations agricoles qui peinent souvent à obtenir des prêts auprès des grosses banques. Du coup, «spéculation sur les titres», «hedge funds» ou «produits dérivés» ne font pas partie de son vocabulaire.
De plus, la BAS se qualifie d’éthique, dans la mesure où elle soutient exclusivement des projets qu’elle juge compatibles avec le «développement social et écologique»: énergie renouvelable, agriculture biologique, entreprises écologiques, mobilité douce, etc.
Du fait qu’elle œuvre dans le cadre de l’«activité réelle», elle n’est pas directement exposée aux risques boursiers, mais l’est, en revanche, à celui d’une faillite des entreprises qu’elle finance. Autre point faible: les déposants qui ouvrent des comptes épargne ou de troisième pilier ne doivent pas s’attendre à des rendements mirobolants: ils savent qu’en se contentant de rémunérations modestes, ils permettent à des petites entreprises de trouver des crédits un peu moins cher.
* Un acronyme partagé avec… Bon à Savoir!
Philippe Chevalier


