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Normes de sécurité trop laxistes dans les cars

Le tragique accident de Sierre l’a démontré: les normes de sécurité des sièges ne sont pas assez sévères. A conditions égales, les passagers de voitures individuelles sont beaucoup mieux protégés.

Les victimes de la tragédie de car dans le Valais ont respecté les règles: elles étaient toutes sanglées avec une ceinture de sécurité. Pourtant, cela n’a pas été suffisant pour les sauver. Lors de l’accident, une bonne partie des sièges ont été décrochés de leur ancrage et projetés de l’arrière vers l’avant du car. C’est en tout cas ce qu’a constaté le chef des sauveteurs valaisans, Alain Rittiner, lors de son arrivée sur le lieu de la tragédie.

La question des normes de sécurité des sièges placés dans les cars se pose donc de manière cruelle: s’ils avaient été plus solidement fixés, davantage d’enfant auraient sans doute survécu. Il faut savoir que lors d’une collision entre un véhicule roulant à 50 km/h et un mur, il se développe des forces multipliant le poids des corps par 30. Ainsi, pour une personne pesant 60 kg, la ceinture et le siège doivent résister à une force équivalente à 1,8 tonnes.

Nouvelles normes?

Pour les véhicules personnels, les règles européennes, également en vigueur en Suisse, indiquent que les ceintures de sécurité doivent résister à des pressions de 2,7 tonnes. Or, les sièges des cars ne sont pas soumis à cette exigence. Ils doivent seulement pouvoir résister à un tiers des forces développées. Selon Pascal Baschung, chef de projet pour la sécurité passive au «Dynamic Test Center» de Bienne, ces exigences relatives ont été conçues selon des prévisions de charges plus légères. En effet, en cas de collision avec un véhicule plus petit, la grande masse du car permet aux ceintures de subir moins de forces que dans une voiture. En revanche, si l’obstacle s’avère être un mur, le matériel est alors totalement dépassé.

Le porte-parole de l’Office fédéral des routes Guido Bielmann indique toutefois que «l’application de normes plus sévères serait prématuré». Selon lui, il faut d’abord réfléchir à des améliorations plus raisonnables.

Marc Mair-Noack / bs