
17 ans d’aide aux Neuchâtelois surendettés
À Neuchâtel, les trois-quarts des personnes qui ont touché un prêt semblent être sortis du cycle du surendettement.
Le Fonds cantonal neuchâtelois de désendettement et de prévention à l’endettement dresse le bilan après 17 ans d’activités. Créé en 1994, il contribue à l’assainissement des dettes des ménages en accordant, sous certaines conditions, des prêts pouvant atteindre 50 000 fr. (pour connaître les conditions et les montants octroyés dans le canton de Neuchâtel).
En 17 ans, 97 prêts (entre 1400 et 37 000 fr.) sur 120 demandes ont été accordés, pour un total d’environ 2 millions de francs. Parmi eux, 73 ont été remboursés, 21 sont en cours de remboursement et trois n’ont pas été dus. Usager type: une famille dont le demandeur est âgé de 30 à 45 ans, de nationalité suisse, souvent (75%) soit ouvrier, soit employé dont le niveau de formation et de salaire est assez bas.
Les causes de la situation précaire sont notamment la difficulté à gérer les finances (consommation au-dessus de ses moyens) ainsi que le divorce, l’accident, la maladie ou la baisse du revenu. Dans la majorité des cas, les dettes accumulées sont provoquées par des crédits à la consommation, la fiscalité et des problèmes sanitaires.
Si, après le remboursement du prêt, la plupart des personnes ont retrouvé une situation financière saine, pour certaines d’entre elles, il ne s’agit malheureusement pas d’un acquis sur le long terme. En effet, même après l’intervention du fonds, un quart des demandeurs étaient à nouveau surendetté.
Ailleurs en Suisse
En Suisse romande, d’autres fonds sont également disponibles avec des critères d’octroi plus ou moins similaires à ceux de Neuchâtel. Les prêts sont au maximum de 15 000 fr. dans le Valais, 25 000 fr. dans le Jura, 30 000 à Fribourg et de 40 000 fr. dans le canton de Genève. Vaud est le seul à ne pas disposer d’une telle aide au désendettement.
Pour les auteurs du rapport, l’intervention du fond est indispensable compte tenu de la précarisation économique et professionnelle d’une bonne partie de la population, poussée à consommer au-delà de ses moyens. Pour lutter encore plus loin contre le surendettement, il faudrait, en outre, une démarche préventive davantage marquée et détecter plus tôt les personnes sujettes à un tel phénomène.
Marie Tschumi


