
Peu de motos avec un système ABS
Le système de freinage anti-blocage peut vous sauver la vie. De nombreux scooters et motos en sont pourtant dépourvus, pour de basiques raisons de coût.
En 2010, 68 motards et scootéristes ont trouvé la mort dans un accident et 1353 autres ont été victimes de graves blessures selon le bureau de prévention des accidents (bpa). Un triste bilan qui pourrait toutefois être considérablement réduit si tous les deux roues étaient équipés de l’ABS, selon Mario Cavegn, collaborateur scientifique au bpa. Ce système empêche en effet le blocage de la roue en cas de freinage brusque et réduit par conséquent le risque de chute. D’après le spécialiste, le taux de mortalité pourrait ainsi être diminué de 50% et celui des blessures graves de 30%.
Peu d’engins équipés
De nombreux progrès restent pourtant à faire: sur la douzaine de fabricants et importateurs suisses que nous avons interpellés, seul BMW propose en effet un ABS de série sur tous ses modèles. Les autres marques en équipent deux tiers des bécanes à partir de 250 cm3 et 80% des plus de 600 cm3.
Pire encore, sur les petites cylindrées (jusqu’à 125 cm), l’ABS est quasi inexistant, admet Motosuisse, l’association des fabricants, grossistes et importateurs suisses de motos et scooters. L’industrie juge en effet cette mesure trop chère. Roland Fuchs, porte-parole de Motosuisse, chiffre le coût entre 600 et 1500 fr. pour les grosses cylindrées et à 500 fr. au moins pour les petites bécanes. Toujours selon lui, il n’est pas sûr que l’ABS soit aussi efficace sur les engins de moindre puissance.
Changement à l’horizon
Une opinion que ne partage visiblement pas la commission du marché intérieur et de la protection des consommateurs du Parlement européen. En décembre dernier, elle a en effet décidé de rendre le système de freinage anti-blocage obligatoire sur tous les deux roues à partir de 51 cm3 , et ce dès 2016. Quid en Suisse? L’OFROU (Office fédéral des routes) indique qu’il adoptera cette nouvelle réglementation dès son entrée en vigueur dans l’Europe unie.
Sabine Rindlisbacher/cg


