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La peau des fesses

«Arthur Sanpeau», squelette aux vertus pédagogiques vendu en kiosques, réserve des surprises douloureuses pour le porte-monnaie.

On ne voit plus que lui dans les journaux et sur les écrans de la RTS : «Arthur Sanpeau» a fait son entrée fracassante dans les kiosques de Suisse romande, le 16 mars dernier, où il a pris ses quartiers pour l’année. Arthur est un squelette en matière plastique de la taille d’un enfant (1,10 m.) à monter en kit, os, par os, organe par organe. Il est vendu avec une encyclopédie médicale de quelque 552 pages. Une opération de marketing aux apparences sympathiques mais qui risque de «coûter un bras» aux parents imprudents.

La promo du macabre personnage est assurée par le Matin Dimanche qui signe sa première opération de ce type. Le lancement a d’ailleurs été reporté de quelques jours, à cause du tragique accident de car survenu à Sierre le 13 mars dernier, nous apprend le service marketing. L’acquisition d’Arthur Sanpeau n’est pas liée à l’achat de l’hebdomadaire, qui se borne à toucher une commission sur les ventes en l’associant à sa marque.

Vente à la découpe

La particularité de cette «Encyclopédie du corps humain», déjà commercialisée au Québec, en Belgique et en Espagne, est qu’on ne peut l’acquérir en une fois. Il s’agit d’une sorte de vente à la découpe, chacune des 34 boîtes nécessaires pour constituer l’entier du personnage étant vendue séparément, à une semaine d’intervalle. Et pour cause.

Comme pour les «Nanos» de Migros et autres gadgets visant les enfants, le fabricant joue sur le «réflexe collectionneur». Une fois les premières boîtes acquises, il sera plus difficile aux parents de priver leurs douces progénitures des pièces manquantes, attendues comme les portes du calendrier de l’Avent. Or si le premier coffret est vendu au prix dérisoire de 1.90 fr. la suivante coûte déjà 5.90 fr. Et pour les 32 éditions suivantes, ce sera à chaque fois 11.90 fr.

Au final Arthur Sanpeau aura coûté près de 400 fr. aux parents des chirurgiens en herbe. Autant dire la peau des fesses…

Philippe Chevalier