
La RC privée prend le relais de la vignette vélo
Elle couvre les dommages causés à autrui et remplace désormais la vignette vélo. Mais d’une compagnie à l’autre, l’assurance responsabilité civile privée ne se paie pas le même prix.
Entre le petit dernier qui a pris la fenêtre du voisin pour un but de foot et Médor qui s’est acharné sur les rideaux de la mairie, les impondérables peuvent insidieusement cisailler un budget. Du moins pour celles et ceux – ils sont 10% en Suisse – qui n’ont pas d’assurance responsabilité civile privée (RC privée). Les autres ne regretteront pas cette couverture qui prend en charge les dommages causés à autrui.
Depuis le 1er janvier dernier, la RC privée englobe une nouvelle prestation en se substituant à la fameuse vignette vélo (lire encadré). Les cyclistes qui font partie des 10% ne disposant pas de cette assurance auront donc une raison supplémentaire de réexaminer leur position. D’autant que la RC privée agit également comme une protection juridique contres les prétentions abusives de certaines victimes.
Plus cher pour les locataires
Pour établir notre comparatif de primes, nous avons soumis quatre profils types aux différentes compagnies d’assurances. Dans la partie gauche de notre tableau, les primes concernent la RC privée individuelle d’un homme de 40 ans domicilié à Lausanne. Dans la partie droite, les primes correspondent à celles d’une famille (ou concubins) de deux adultes et deux enfants, également établie dans le chef-lieu vaudois.
Pour ces deux catégories, nous avons distingué les propriétaires des locataires. Car, on constate que ces derniers paient souvent des primes plus élevées, hormis à Visana, CSS et avec les produits en ligne de Generali et d'Axa-Winterthur. Cet écart tarifaire s’explique par la couverture dont bénéficient les locataires pour les dégâts causés au logement qu’ils louent. Or, ce type de dommages reste important, puisqu’il représente un tiers des indemnités versées par les assureurs.
Comme bien souvent, notre pointage prouve qu’il est judicieux de demander plusieurs offres et d’en comparer les conditions. Car, d’une compagnie à l’autre, les primes peuvent passer du simple au double! Il nous a néanmoins été impossible de présenter tous les produits, étant donné que Bâloise et Axa-Winterthur ont une fois encore refusé de figurer dans notre panel. A voir les résultats médiocres obtenus par Bâloise dans un comparatif similaire publié par notre partenaire alémanique K-Tipp (édition du 25 janvier 2012), on ne peut s’empêcher de penser que cette mauvaise volonté n’est pas nécessairement fortuite.
Moins cher sur internet
Pour celles et ceux qui veulent se passer d’un courtier, six compagnies offrent la possibilité de s’assurer directement sur internet. Ces services en ligne ont l’avantage de proposer des primes plus avantageuses (voir la partie inférieure de notre tableau). Le revers de la médaille, c’est l’absence de conseils et un choix souvent plus limité dans les options et les couvertures disponibles.
Il convient également de souligner que certains assureurs accordent des rabais parfois combinés avec d’autres produits comme l’assurance ménage. A CSS, Sympany et Visana, les clients affiliés à leur caisse maladie ont notamment droit à des tarifs préférentiels Parfois aussi, les séniors ou les jeunes qui prennent leur premier appartement profitent de conditions plus favorables.
Le prix ne fait pas tout
Le montant des primes ne doit pas pour autant être le seul critère de choix. Il est avant tout essentiel d’opter pour un produit qui colle à ses besoins. Les locataires devraient, par exemple, se tourner vers une assurance sans franchise pour les dommages causés au logement qu’ils occupent; dans le cas contraire, mieux vaut veiller à ce que la franchise soit ponctionnée par événement et non par pièce. Celles et ceux qui ont des hobbys particuliers – maquettistes, chasseurs, propriétaires d’animaux exotiques – vérifieront si la couverture de base proposée suffit ou si un module complémentaire s’impose.
Yves-Noël Grin
Pour télécharger le tableau comparatif, se référer à l'encadré au-dessous de la photo.
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10% de cyclistes sont concernés
En septembre 2010, le Parlement décidait de supprimer la vignette vélo. Bien que cette modification soit entrée en vigueur le 1er janvier 2012, le millésime 2011 reste valable jusqu’au 31 mai prochain. Passé cette date, les éventuels dégâts seront pris en charge par l’assurance responsabilité civile privée (RC privée).
Pour 90% des Suisses qui disposent déjà d'une telle couverture, l’abolition du fameux petit autocollant n’aura donc pas d’incidence. Pour les autres, la conclusion d’une RC privée restera facultative, même s’ils comptent enfourcher leur vélo. Gare néanmoins aux risques financiers qu’ils encourent en cas de dommages causés à autrui! Car, si le Fonds national suisse de garantie (FNG) couvre les dégâts des cyclistes non assurés, il réclamera ensuite le remboursement des frais lorsque la personne concernée est fautive.
Lancée en 1960, la vignette vélo avait également l’avantage de faciliter la recherche de bicyclettes volées. Il incombait à chacun de relever le numéro de cadre, la marque et la couleur de son vélo pour pouvoir, le cas échéant, déclarer un vol auprès de la police. Désormais, des sites comme www.veloregister.ch ou www.velofinder.ch proposent d’enregistrer sa petite reine en ligne. Et, si d’aucuns appellent la création d’un registre fédéral des vélos sur le modèle néerlandais, le Conseil fédéral s’y montre défavorable. Du moins si l’on se réfère à la réponse qu’il a apportée à l’interpellation de la conseillère nationale argovienne Ruth Humbel (PDC) sur le sujet en 2010.

