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La souffrance des agneaux

Pour lutter contre les parasites et les affections de la peau, les éleveurs de moutons mérinos enlèvent à vif la peau entourant l’arrière-train de leurs bêtes. Rares sont ceux qui adoptent d’autres mesures d’hygiène.

Idéale pour les sous-vêtements de sport, la laine mérinos vient des moutons du même nom élevés en Australie. Chaque année, quelque 73 millions de bêtes sont tondues pour la douceur de leur laine.

La peau de ces ovins présente la caractéristique d’avoir de nombreux plis et replis. Ce qui est un avantage, puisque la surface de laine à tondre augmente en conséquence, et avec elle, le rendement du cheptel. Avec la chaleur, toutefois, de nombreux parasites vont se loger autour des parties génitales des animaux. Des tontes rapprochées permettraient de parer à ce danger, mais les éleveurs préfèrent pratiquer sur les jeunes agneaux l’ablation de la peau autour de l’arrière-train.

Ce moyen de prévention, appelé mulesing, est cruel, car pratiqué à vif et sans anesthésie. Or, pour le consommateur, il est quasiment impossible de savoir si le produit a été fabriqué sans avoir recours à cette méthode. La chaîne C&A nous a ainsi confirmé que l’industrie australienne de la laine n’est pas en mesure de faire cesser cette pratique.

De son côté, la marque de vêtements de sport exclusivement en laine mérinos Icebreaker propose des codes permettant de remonter jusqu’aux producteurs. Le problème, confirmé par le label Mammut, est qu’il est impossible d’avoir la garantie que ces derniers renoncent au mulesing. Un contrôle récent de la bourse de la laine Awex a ainsi révélé que 15% des fermes certifiées sans mulesing ne respectaient pas, dans les faits, leurs engagements.

Darko Cetojevic / chr