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Pleins feux sur le bois sec destiné aux cheminées

Avec le crépitement du feu et l’ondulation des flammes, les froides soirées d’hiver en deviennent jubilatoires. Sans pareil pour une ambiance cosy, le feu de cheminée a l’avantage de présenter un bilan CO2 neutre, si l’on fait abstraction de l’énergie nécessaire à sa transformation et à son transport. En effet, la quantité de CO2 dégagée lors de sa combustion correspond à celle que l’arbre a absorbée pendant sa croissance. Et, de surcroît, elle est équivalente à celle que le bois libère dans l’environnement lorsqu’il se décompose en forêt.

Quatre mauvais élèves

Pourtant, la fumée du bois dégage d’autres substances nuisibles, comme les particules fines. Or, plus un bois est humide, plus les émissions nocives sont importantes et plus son pouvoir calorifique est faible. Fort de ce constat, notre partenaire alémanique K-Tipp a passé sous la loupe 17 bois de chauffage provenant de grands magasins de bricolage pour mesurer leur taux d’humidité.

Premier constat positif: tous les commerces concernés proposent au moins un combustible jugé «bon» grâce à un taux d’humidité inférieur à 16%. Quatre bois ont toutefois écopé d’une évaluation «peu satisfaisant» en raison d’un taux supérieur à 21%. Achetés dans des succursales alémaniques de Coop Brico, Obi, Landi et Hornbach, ces quatre mauvais élèves ont dévoilé des valeurs maximales qui oscillaient même entre 25% et 36%.

Séchage primordial

En Allemagne, la combustion de bois dépassant 25% d’humidité est tout simplement interdite. En Suisse, il n’existe pas de législation en la matière. En septembre dernier, l’Office de la nature et de l’environnement (ANU) du canton des Grisons a néanmoins montré la voie en édictant des directives pour le contrôle des chauffages à bois.

On l’aura compris: un bois bien sec permet de réduire les nuisances, tout en maximisant l’efficacité d’un chauffage. On peut certes privilégier des essences au fort pouvoir calorifique comme le charme, le hêtre ou le frêne. Mais le séchage du bois joue un rôle encore plus important dans le rendement énergétique.

Idéalement, un bois abattu devrait sécher deux ans au moins à l’abri. Durant cette phase, il est conseillé de le stocker dans un local, comme une grange ou un garage bien aéré. S’il est empilé à l’extérieur, il doit impérativement être protégé de la pluie. Pour éviter qu’il n’absorbe l’humidité du sol, une palette peut avantageusement servir de base. Et, pour s’assurer que le bois est prêt à l’emploi, un humidimètre – dès 40 fr. dans le commerce – est un judicieux investissement.

Yves-Noël Grin