
Tout près, la Grèce
Tous ceux qui sont allés y passer des vacances vous le diront: la Grèce, c’est le plein de soleil garanti à trois petites heures d’avion seulement. Mais tous ceux qui suivent l’actualité européenne tentent de se persuader du contraire: la Grèce, c’est un marasme économique lointain qui, finalement, nous touche assez peu…
Pourtant, ce qui arrive dans le berceau de la démocratie n’est que le début d’une épidémie sournoise qu’aucun remède ne pourra éradiquer. Personne ne sait où elle va se répandre, ni la rapidité avec laquelle elle le fera. Mais le monde économique commence à s’y résigner (lire page 8), tout en cherchant désespérément à retarder l’heure à laquelle il devra enfin reconnaître que le système est arrivé au bout de sa course! On ne peut tout simplement pas continuer de faire comme avant, tout en demandant aux Grecs vivant avec 750 euros par mois de le faire désormais avec 600 seulement.
En Suisse, on s’insurge contre la baisse du taux de conversion qui réduira de 180 fr. une rente de 5400 fr. (AVS et 2e pilier inclus). A juste titre d’ailleurs: le peuple l’a refusée il y a moins de deux ans et il existe d’autres moyens de remédier au financement de notre retraite (lire pages 20 à 22). Mais, à titre de comparaison,180 fr. équivalent à 150 euros. Qui sommes-nous, dès lors, pour oser exiger des efforts insurmontables ailleurs, alors que nous estimons, non sans raison, que ceux demandés ici sont déjà de trop?
Christian Chevrolet

