
Moins de produits chez Migros
Un projet pilote lancé à l’échelle nationale vise à revoir l’assortiment de Migros à la baisse.
«L’assortiment de Migros devrait être réduit d’environ 10%», écrivait le journal dominical alémanique Der Sonntag dans sa dernière édition. Martina Bosshard, porte-parole de la Fédération des coopératives Migros, se refuse à confirmer ce chiffre. Elle confie néanmoins que le géant orange a lancé en 2010 un projet pilote visant à diminuer le nombre de produits dans ses rayons. «Mais aucune décision n’a encore été prise, soutient-elle. Le projet ne prendra fin qu’au milieu de cette année. Ce n’est qu’à partir de là que nous tirerons les conclusions qui s’imposent.»
Plus de place, moins de produits
Selon le géant orange, l’étude vise avant tout à réduire l’assortiment des surfaces de taille réduite (M) ou intermédiaire (MM). Les grands supermarchés (MMM) ne seraient dès lors pas concernés, dans la mesure où l’offre a déjà été revue à la baisse. «Depuis dix ans, on constate qu’il y a de plus en plus de produits dans nos magasins et que l’espace est toujours plus serré, justifie la porte-parole. Nous aimerions offrir plus de confort aux clients, avec des couloirs plus larges, voire des étagères moins hautes, pour une ambiance plus conviviale.»
A l’entendre, cette refonte correspond aux attentes actuelles des clients: «Ils souhaitent faire leurs courses rapidement. Or, lorsque la concentration de produits est trop grande, ils ont plus de difficulté à trouver ce qu’ils cherchent. L’idée est donc d’adapter l’assortiment de chaque magasin en fonction des besoins propres à sa clientèle.» Toujours selon la porte-parole, les 50 filiales qui participent au projet pilote ont enregistré très peu de réclamations.
Même si Migros ne pipe pas mot sur le sujet, la réduction de l’assortiment devrait avoir d’autres effets bénéfiques pour le grand distributeur. En toute logique, l’opération engendrerait une diminution de ses frais (livraison, stocks, etc.). Et, en limitant l’accès des produits à ses étalages, la pression sur les fournisseurs serait d’autant plus facile à exercer… Dès lors, à qui profite vraiment cette décision?
Yves-Noël Grin


