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Raiffeisen prend des risques

En reprenant les affaires de la banque privée Wegelin, Raiffeisen se lance dans la gestion de fortune. Ses sociétaires ne devront toutefois pas répondre de ce secteur qui forme une entité autonome.

Nouvelle révolution dans le monde bancaire suisse: la banque Raiffeisen, chérie des Helvètes pour sa stratégie de placement tranquille, se lance dans la gestion de fortune avec l’acquisition de Notenstein SA. Cette banque a recueilli les affaires hors Etats-Unis de l’institution privée Wegelin & Co.

Or, le groupe Raiffeisen compte aujourd’hui 1,7 million de sociétaires. Et les statuts du groupe prévoient que l’engagement financier de ces derniers dépasse le modeste montant de leur part sociale. Le cas échéant, ils sont en effet soumis, quel que soit leur avoir en compte, à «une obligation de versement supplémentaire jusqu’à un montant de 8000 fr. si le bilan annuel révèle que le capital social n’est plus couvert».

Les sociétaires ne seront toutefois pas concernés par d’éventuels problèmes de la banque Notenstein SA. «Celle-ci reste indépendante des autres activités du groupe», explique Raiffeisen Suisse.

Il est également très improbable que les clients qui ont acheté des parts sociales aient à mettre la main au porte-monnaie en cas de difficulté de l’une des filiales, la banque ayant un solide degré de capitalisation. Si c’était malgré tout le cas, le groupe épongerait ainsi les pertes et les sociétaires ne seraient appelés à la rescousse qu’en dernier recours.

En novembre dernier, l’agence de notation Moody avait certes abaissé la note de la dette de Raiffeisen à long et à court termes de «Aa1» à «Aa2», mais le groupe reste malgré tout très bien placé parmi les autres institutions financières. L’agence avait justifié cette mesure par la dégradation de l’environnement économique ainsi que par la croissance agressive des prêts hypothécaires pratiquée Raiffeisen. Dans certaines régions de Suisse, le marché immobilier présente en effet des symptômes d’échauffement.

Claire Houriet Rime