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Toujours autant de blessures malgré les casques

Les personnes se protégeant la tête ont tendance à prendre davantage de risques et dévalent les pistes plus vite que les autres.

La progression est fulgurante: en 2001, seul un Suisse sur dix pratiquait les sports d’hiver un casque vissé sur la tête, contre huit sur dix aujourd’hui. Malgré cela, le nombre de lésions demeure stable, selon les statistiques du Bureau de prévention des accidents (BPA) et de la SUVA. Chaque année, environ mille personnes subissent ainsi des blessures à la tête, ce qui engendre des coûts annuels de 50 millions de francs, constants eux aussi. Pourquoi un tel décalage? Le magazine des consommateurs alémaniques K-tipp avance cinq raisons.

> Vitesse trop élevée: «Auparavant, on comptait davantage de blessures aux jambes ou aux genoux, car les pistes étaient bosselées, estime Samuel Rhyner, responsable des sauvetages du domaine skiable d’Elm (GL) depuis plus de trente ans. Aujourd’hui, les pistes sont lisses et les skieurs les dévalent plus vite.» Conséquence: le nombre de blessures à la tête a augmenté.

> Porter un casque donne le goût du risque: si aucune étude scientifique ne prouve que les skieurs se protégeant la tête prennent davantage de risques que les autres, l’Université technique d’Eindhoven, aux Pays-Bas, a montré que c’est le cas des automobilistes qui attachent leur ceinture: ils roulent clairement plus vite que les autres.

> Faible protection à vitesse élevée: une étude menée par le Groupe du travail suisse pour les accidents mécaniques (AGU) a montré que «le risque de blessure est considérable» lorsque le skieur équipé d’un casque glisse à une vitesse de 30 km/h déjà. Un constat alarmant lorsqu’on sait que les adeptes des sports d’hiver dévalent les pistes à 35 km/h en moyenne et que, selon les normes européennes, les casques sont efficaces jusqu’à 14 km/h seulement.

> Le manque de neige augmente le nombre d’accidents: l’Institut d’étude des sports de Insbruck, en Autriche, a constaté que le nombre de blessures à la tête a augmenté de 8% quand bien même le port du casque est passé de 50% à 70%. Selon le responsable de l’enquête, le manque de neige a pour conséquence un durcissement des pistes et une diminution de l’espace disponible sur les bords des couloirs.

> Les funparks sont périlleux: ces dernières années, de très nombreux funparks (équipés de halfpipes ou de sauts, par exemple) ont été créés. Et des études menées en France, en Autriche et en Norvège montrent que, malgré le port du casque, ces activités conduisent à de graves blessures de la tête.

A méditer avant de se lancer sur les pistes!

Nicolas Zeitoun