
Migros: le nouveau fléau s’appelle Animanca
Le géant orange lance une nouvelle campagne de fidélisation auprès du jeune public, dans le pur style de son opération à succès «Nano».
Chez Migros, on ne change pas une formule qui gagne! Tout au plus l’emballage. Après la Nanomania, l’Animancamania débarque dans les rayons des supermarchés. La campagne démarre aujourd’hui et durera jusqu’au 5 mars. Les parents se souviennent certainement des Nanos, petites figurines en forme de suppositoire, remises aux caisses pour chaque tranche d’achat de 20 fr. La collection comptant 48 pièces (plus l’incontournable boîte), il fallait débourser près de 1000 fr. en magasin pour entrer dignement dans la famille Nano. Le phénomène Nano a été un énorme succès commercial, mais qui a suscité dans le même temps la colère de nombreux consommateurs dénonçant une prise d’otage de leur progéniture par le géant orange.
Rebelotte avec l’Animanca. Il s’agit cette fois de collectionner des «pierres magiques symbolisant des vertus particulières ou des caractères attribués à des animaux». Les pierres peuvent servir d’amulettes ou être utilisées pour jouer sur un plateau en bois (vendu à part). Des vignettes à coller dans un album font également partie du lot, ainsi que des applications pour smartphone, etc.
Porte-parole de Migros, Martina Bossard, ne conteste pas la visée commerciale de ce projet, tout en insistant sur ces multiples aspects ludiques ainsi que la gratuité. N’empêche, l’ancienne campagne Nano avait permis de booster le chiffre d’affaires, confirme-t-elle, sans articuler de chiffres. En particulier lors des quatre journées «joker», pendant lesquelles il était possible d’acquérir des pièces de choix, non distribuées les autres jours. Cette fois encore, les journées spéciales auront lieu le mercredi, jour de congé des enfants. Hasard ou stratégie? A en croire le distributeur, l’agenda scolaire n’a pas été pris en compte, il fallait choisir un jour de faible affluence, qui ne soit donc ni le lundi, ni le samedi…
Du côté de la Fédération romande des consommateurs, cette nouvelle campagne est très mal reçue dans la mesure où «Migros utilise des enfants» pour ses objectifs mercantiles. «Migros n’a tiré aucune leçon de la polémique sur les Nanos», ajoute Mathieu Fleury, porte-parole. C’est désormais au consommateur lui-même de réagir en ne tombant pas dans le piège de la campagne, conclut-il.
Zeynep Ersan Berdoz, directrice de Bon à Savoir, abonde dans le même sens et réagit à cette nouvelle campagne de Migros: «Le distributeur manque de cohérence, et surtout de transparence, puisqu’il remplace la publicité ciblée sur les enfants par des stratégies commerciales tout aussi redoutables».
Philippe Chevalier


