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Rentiers AI au boulot

L’Office fédéral des assurances sociales (OFAS) a passé la vitesse supérieure pour assainir l’assurance invalidité (AI). But: éponger l’ardoise de 15,5 milliards de francs d’ici à la fin de 2017. En 2004 et 2008, deux révisions avaient déjà réduit de moitié l’attribution de nouvelles rentes. Et, en 2011, le taux de la TVA passait provisoirement à 8% pour rembourser la dette, taux qui restera à ce niveau jusqu’en 2018. A cette date, l’assurance devrait avoir renoué avec les chiffres noirs grâce à deux nouvelles révisions, dont la dernière vient d’entrer en vigueur.

Objectif avoué de ce tour de vis: convaincre les rentiers de se remettre au boulot. Fini, annonce l’OFAS, l’adage «Rente un jour, rente toujours». Quelque 17 000 bé néficiaires de l’AI, soit 2800 par année, devraient ainsi retrouver, de gré ou de force, le monde du travail jusqu'en 2018.

Concrètement, la révision des rentes des «invalides», qui était, avant, une pure formalité, permettra aux Offices AI de revenir sur les décisions prises quant au droit à la rente, et cela même si l’état de santé des assurés ne s’est pas amélioré. Pour faciliter la réinsertion de ces derniers, les employeurs pourront les tester gratuitement pendant six mois, sans être liés par un contrat de travail.

En parallèle, tous les rentiers AI qui souffrent de troubles sans cause médicale claire (par exemple fibromyalgie ou suites d’un coup du lapin) verront leur cas réexaminé dans le but de reprendre le collier. Seuls ceux qui sont âgés de plus de 55 ans ou touchent la rente depuis plus de 15 ans échapperont à une réinsertion forcée.

Claire Houriet Rime