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Agressé, mais pas forcément tondu

En cas d’agression, le détenteur d’une carte de crédit a intérêt à remplir tous ses devoirs de diligence pour espérer que la banque assume le montant dérobé.

Les détenteurs de cartes de crédit sont les cibles rêvées de tromperies en tout genre. Aussi créatifs qu’ingénieux, les escrocs n’ont de cesse de développer de nouveaux subterfuges pour s’en servir à leur avantage. L’explosion des transactions sur internet a fatalement contribué à la recrudescence des fraudes, comme le phishing (lire encadré). Mais les méthodes plus rudimentaires n’ont pas disparu pour autant, à l’image des agressions qui se produisent à proximité des distributeurs de billets.

Au cas par cas

A moins d’être un pro du combat rapproché ou une star du 100 m, il est souvent préférable de se soustraire aux menaces d’un individu mal intentionné pour préserver son intégrité physique. Sous la contrainte, la victime d’une agression doit non seulement céder sa carte de crédit, mais également communiquer son code PIN. Le malfrat a ensuite tout loisir de retirer de l’argent, avant que l’agressé ne puisse appeler la banque pour bloquer sa carte.

Or, dans ce cas, en examinant les conditions générales (CG) des émetteurs de cartes, le lésé a de quoi frémir. Car, comme le souligne Brigitte Kaps, porte-parole de GE Money Bank, «une transaction pour laquelle le code PIN est utilisé plaide de manière générale pour l’utilisation de la carte par le client lui-même». Autrement dit: ce dernier est communément tenu pour responsable des montants prélevés sur son compte. Règle qui prévaut également à PostFinance, Viseca, Swisscard, UBS et Cornèrcard.

Dans le cas d’une agression, les émetteurs de cartes se disent néanmoins prêts à faire preuve de souplesse, à l’instar de PostFinance: «Le titulaire de la carte doit porter plainte à la police, indique son porte-parole, Marc Andrey. Si les faits montrent que le client a été victime d’une action criminelle, PostFinance assumera la responsabilité du montant dérobé.» On l’aura compris, chaque fraude de ce type fait l’objet d’un examen particulier.

S’annoncer rapidement

Dans tous les cas, le détenteur de la carte devra prouver qu’il a rempli tous ses devoirs de diligence stipulés dans les conditions générales. Comme dans le cas du vol ou de la perte de sa carte, il est tenu d’informer immédiatement la banque et de contrôler sa facture mensuelle en signalant toute erreur dans un délai de 30 jours. De surcroît, la victime d’un acte délictueux doit déposer une plainte auprès de la police: «Si le client n’a pas commis de faute et que le délit est plausible – par exemple, en cas de plainte, pénale – la banque prend alors à sa charge les dommages occasionnés», atteste Brigitte Kaps.

En résumé, il convient d’être réactif pour ne pas se retrouver tondu après l’agression. Ce qui, sous le choc émotionnel, n’a rien d’évident.

Yves-Noël Grin