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Voyager avec un handicap, ça ne s’improvise pas

Les compagnies aériennes ne peuvent refuser de transporter un passager handicapé sans se justifier. Mais pour voyager en fauteuil roulant, il faut s’annoncer à l’avance, en avion comme en train.

En 2009, easyJet avait refusé de transporter un paraplégique se déplaçant seul, quand bien même il avait annoncé son handicap et demandé une assistance. Le commandant de bord avait mis son veto pour des raisons de sécurité, arguant que le passager n’aurait pas pu se rendre vers la sortie en cas d’évacuation. Un autre voyageur avait donc dû se porter garant pour l’aider en cas d’urgence. Manque de chance pour le transporteur low-cost, le paraplégique était un sportif de pointe qui aurait pu, sans problème, s’aider des bras jusqu’à la porte de secours.

L’Office fédéral de l’aviation civile (OFAC) a accepté le recours du voyageur. Il a estimé qu’en Suisse, une compagnie ne peut s’opposer systématiquement à l’embarquement d’un handicapé non accompagné. Chaque cas doit être examiné indépendamment. Depuis lors, easyJet, qui fait également l’objet de trois plaintes similaires en France, a fait marche arrière et n’exige plus d’accompagnant sans analyse détaillée de la situation.

Swiss exige seulement d’être avisée, avant le départ, du handicap du passager pour prendre les dispositions nécessaires. De son côté, Air France autorise, en principe, les paraplégiques à voyager seuls. La compagnie se réserve en revanche la possibilité d’exiger un accompagnateur pour les tétraplégiques incapables de participer physiquement à leur évacuation.

Quant aux CFF, ils demandent aux voyageurs en chaise roulante ou aux malvoyants de s’annoncer une heure à l’avance au moins pour bénéficier d’une aide à l’embarquement sur le quai. Ce délai est de 24 heures pour les déplacements à l’étranger. L’assistance jusqu’au taxi est en revanche payante. A noter que les accompagnants de voyageurs à mobilité réduite circulent gratuitement sur le réseau helvétique.

Claire Houriet Rime