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La musique sans fin pour quelques francs par mois

Le streaming permet d’accéder à de gigantesques discothèques par le biais d’internet. Deux nouveaux sites viennent d’accéder au marché suisse.

Le «streaming» (littéralement, la transmission en continu) est peut-être déjà en train de tuer le pourtant très jeune MP3. Le principe est simple: grâce à une liaison internet, vous pouvez accéder à une discothèque de plusieurs millions de titres, parfois gratuitement, au plus pour quelques francs par mois. Autrement dit: vous ne possédez ni ne stockez plus la musique, mais l’écoutez en direct, n’importe où et sur n’importe quelle machine capable de la reproduire via le web (ordinateur, tablette, smartphone, etc.). En fait, c’est un peu comme si vous branchiez une radio dont vous composez le programme.

L’une des plus grosses plateformes dans le domaine, la suédoise Spotify, vient de débarquer en Suisse. Elle a, notamment, rejoint l’allemande Simfy, l’américaine Grooveshark et – mais cela se sait moins – la française Qobuz. Il manque toutefois, deux grosses pointures dans les ondes helvétiques: Deezer et MusicMe, toutes deux françaises aussi, comme leur nom ne l’indique pas.

Résistances

Ironie de l’histoire, Soundshake, l’offre lancée l’an dernier par le quotidien 20 minutes, a annoncé, il y a quelques semaines, qu’elle fermait boutique, faute de succès: «Il semble qu’en Suisse le streaming musical ne soit pas encore dans l’air du temps», expliquent, laconiques, ses responsables sur la page d’accueil du site.

Il y a quelques jours également, la société anglaise STHoldings, qui regroupe plus de 200 labels indépendants, et donc des milliers de titres, est aussi venue jouer les trouble-fêtes en se retirant de tous ces types de plateformes. Elle estime que le streaming détourne les consommateurs de l’achat traditionnel de morceaux ou d’albums et que les revenus qu’il génère sont trop faibles pour compenser ce manque à gagner. Et cela même si la plupart des plateformes limitent les possibilités gratuites, afin de, lentement, diriger les usagers vers les offres payantes.

Faire l’essai

Aïe! Vaut-il, dès lors, la peine de consacrer un article à ce phénomène et prendre le temps de voir concrètement de quoi il retourne? Oui, sans hésiter. D’abord, parce que, lorsqu’on sait qu’Amazon, mais surtout Google et Apple travaillent sur des projets similaires, force est de constater que le mouvement est irréversible. Ensuite, parce que l’offre est franchement bluffante, au niveau tant du choix que de la qualité sonore. Mais aussi parce que presque tous les sites proposent soit des essais gratuits, soit la possibilité de résilier le contrat chaque fin de mois.

Enfin, sachez que, contrairement au téléchargement, lorsque le streaming est illégal (faute d’accords avec les maisons de disques), la responsabilité incombe à la seule plateforme qui le propose, pas à celui qui écoute la musique.