
Un marché sain et sauf
Le prix d’un appartement en PPE dans le canton de Neuchâtel est raisonnable. Encore faut-il s’éloigner du lac.
«Dans le canton de Neuchâtel, les prix ont certes augmenté, mais on ne peut pas, pour autant, parler d’explosion. Ou alors il n’y a plus de qualificatif raisonnable pour la région lémanique proche de Genève!» déclare d’entrée Philippe Sormani, président du conseil d’administration du Centre d’information et de formation immobilières (CIFI). Selon sa société, la progression des prix dans le canton de Neuchâtel, depuis le creux de la vague en 1997, est d’environ 24%, alors que, pour la même période, la moyenne suisse a augmenté de 44%.
Littoral séduisant
Même si le canton de Neuchâtel a encore une belle marge de progression, le marché immobilier est loin d’être homogène: les prix varient quasi du simple au double entre les Montagnes et le littoral (voir tableau). Ainsi, un appartement en PPE de 4,5 pièces (description, lire encadré) coûte 390 000 fr. au Locle contre 700 000 fr. à Hauterive. Une différence toutefois assez logique: la priorité est accordée aux centres urbains, près du lac. Alors que les régions périphériques manquent d’attractivité, commente Philippe Sormani. Pour Pedro Palomo, directeur et responsable clientèle entreprises à la Banque Cantonale neuchâteloise (BCN), «le littoral reste la partie la plus prisée avec une forte demande. L’attrait du lac y est prédominant. Cependant, même dans le chef-lieu, les prix d'une PPE au centre, avec vue sur le lac, restent raisonnables en comparaison avec d’autres villes comme Lausanne ou Genève».
Le marché des logements dans le canton de Neuchâtel reste donc sain, malgré les crises économique et immobilière en Suisse. Pour le directeur de la BCN, cela s’explique en partie par une bonne régulation où l’offre répond à la demande. A La Chaux-de-fonds, par exemple, les nouvelles constructions se fondent sur les moyens et les besoins de la population: «On ne va pas construire à tout va et à des prix exorbitants.»
Fiscalité
Autre caractéristique du canton: les impôts, particulièrement élevés. Alors que l’ouverture de l’autoroute entre Yverdon et Neuchâtel laissait présager un afflux de propriétaires vaudois, Pedro Palomo constate que cela ne s’est pas concrétisé. A son avis, la fiscalité neuchâteloise, défavorable par rapport à celle du canton de Vaud, a certainement freiné l’arrivée de nouveaux résidents. Un point également soulevé par le directeur du CIFI: «A Neuchâtel, comme dans toute la Suisse d’ailleurs, la fiscalité joue un rôle très important. Si une commune prélève un impôt plus élevé, elle perd directement en attractivité.»


