
10 home cinémas: comme un air de cinéma dans son salon
Les home cinémas promettent tous de transformer votre salon en salle obscure. Un seul des systèmes testés sort véritablement du lot.
Les battements d’ailes qui s’échappent des multiples enceintes donnent la chair de poule. Enfoncé dans un fauteuil moelleux, le spectateur se glisse instantanément dans la peau de Frodon, héros du Seigneur des anneaux, pourchassé par les Nagzûl sur leurs bêtes volantes. Les images s’affolent et le son tournoie pour un frisson garanti. C’est là toute la magie d’une salle de cinéma.
De retour dans son salon, le cinéphile a de quoi rester sur sa faim. Car, si l’évolution des écrans TV garantit une qualité de l’image bluffante, les haut-parleurs intégrés ont vite atteint leurs limites. Du moins pour restituer les effets surround des bandes sons. La parade? Les installations home cinémas qui reprennent le concept des salles obscures en diffusant le son dans l’ensemble de la pièce.
Hormis quelques produits d’entrée de gamme, tous sont dotés d’un amplificateur avec récepteur radio intégré, d’un lecteur Blu-ray et d’un jeu d’enceintes. Selon que le système soit «2.1» ou «5.1», le nombre de haut-parleurs est de deux ou de cinq, auxquels s’ajoute un caisson de basse (subwoofer). Ne reste alors qu’à judicieusement disposer les enceintes dans la pièce (lire BàS 3/2011) pour se laisser délicatement envoûter.
Pour la musique aussi
L’avantage de cette technologie, c’est sa polyvalence. Grâce à son lecteur multiformat, elle permet non seulement de lire les disques Blu-ray et DVD, mais également les CD. Par conséquent, elle remplace sans complexe la bonne vieille chaîne stéréo pour écouter de la musique. Les systèmes affichés entre 500 et 1150 fr. sont-ils pour autant performants? C’est ce que notre rédaction a voulu savoir en confiant dix d’entre eux au Laboratoire Müller-BBM, dont quatre systèmes 2.1.
L’évaluation a pris en considération la qualité de l’image et du son – en modes stéréo et surround – ainsi que la correction d’erreurs et la facilité d’utilisation (lire encadré). Dans le lot, seul le modèle d’Onkyo offre un lecteur Blu-ray indépendant, alors que les autres produits centralisent toute leur électronique dans un seul appareil.
Avantage aux 5.1
Le constat est clair: les amateurs d’effets surround ont intérêt à privilégier les systèmes 5.1. Les modèles 2.1 n’arrivent pas à régater, car «ils ne peuvent que partiellement compenser les trois enceintes de moins dont ils disposent», confirme Thomas Mayer, ingénieur chez Müller-BBM. Pas étonnant, dès lors, que trois des quatre équipements 2.1 finissent en queue de classement (voir tableau). Seul le Harman Kardon limite les dégâts dans l’épreuve du son surround, tout en offrant une bonne qualité stéréo. Mais c’est aussi celui qui est le plus onéreux du comparatif.
Au final, un seul produit décroche la mention «très bon». L’Onkyo domine incontestablement la mêlée en produisant un son d’excellente facture en mode tant stéréo que surround. Dans le même registre, le Samsung 5.1 HT-D5550 fait légèrement moins bien. Il n’en reste pas moins intéressant avec un prix sensiblement plus avantageux – 350 fr. de moins – que le grand vainqueur.
En embuscade, quatre autres systèmes terminent dans un mouchoir de poche avec l’appréciation globale «bon». La surprise vient du moins cher du lot, le LG, qui se hisse dans ce quatuor avec une note finale de 4.9. Preuve qu’il est possible de trouver des installations efficaces sans faire grimacer son compte en banque. D’autant que certains grossistes ou sites de vente sur internet le proposent à moins de 300 fr.
Images sans souci
On l’a vu, la qualité du son est variable d’un appareil à l’autre. C’est tout le contraire pour l’image qui est très bonne dans tous les cas, comme en témoignent les notes oscillant entre 5.6 et 5.7. Les fonctionnalités sont, elles aussi, très semblables d’une installation à l’autre. Dans les systèmes 5.1 de Sony, de Samsung et d’Onkyo, une fonction permet un réglage automatique de l’installation. Fonction qui ne marchait hélas pas dans le Sony BDV E380 que nous avons testé.
Pour ce qui est de la correction des erreurs, les écarts sont significatifs. Les lecteurs Blu-ray de Philips, de Harman Kardon et du Sony 2.1 digèrent plus facilement les disques sales ou rayés. A contrario, les deux produits Panasonic ont été les moins performants pour reproduire des séquences audio ou vidéo altérées.
A la lecture des résultats du test, quelques fabricants se sont manifestés. C’est le cas de Philips qui argue que sa gamme dispose de modèles plus récents que celui qui a été évalué. Chez Sony, sa porte-parole Fiona Flannery prétend qu’aucune critique n’a été émise jusqu’ici sur le calibrage automatique des haut-parleurs.
Andreas Schildknecht / Yves-Noël Grin
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