
La gratuité comme marketing
Offrir un billet gratuit aux passagers d’un vol en retard de plus de 15 minutes. La promesse d’easyJet est spectaculaire, la réalité l’est nettement moins.
L’annonce a tout d’une opération séduction. Après la grogne suscitée par les retards et annulations de vols, easyJet voudrait-elle redorer son image auprès des consommateurs? C’est ce que pourraient laisser croire les publicités tape-à-l’œil clamant: «Un vol gratuit en cas de retard». Avec audace, la compagnie aérienne se permet même de brocarder ses confrères: «Si vous préférez une excuse par haut-parleur et un paquet de cacahuètes, nous vous recommandons nos concurrents.»
Le bal des restrictions
L’effet d’annonce passé, le soufflé s’écrase aussi vite qu’il a décollé. Car si easyJet promet un billet gratuit pour les vols accusant un retard d’au moins 15 minutes, l’offre est très restrictive. Primo, elle ne s’adresse qu’aux clients du nouveau tarif «flexi». Secundo, sa validité ne court que pour les passagers voyageant entre le 1er octobre et le 30 novembre 2011. Tertio, le vol offert – un aller simple au tarif standard – doit être effectué avant le 31 mars 2012, mais hors des vacances scolaires.
Les restrictions ne s’arrêtent pas en si bon chemin, puisque tous les retards qu’easyJet impute à des facteurs externes ne sont pas pris en considération. La compagnie low cost mentionne les perturbations météorologiques majeures, la neige, une grève, un nuage de cendres avant de ponctuer sa liste par un «etc.». Une manière habile de laisser la porte ouverte à d’autres restrictions potentielles.
On l’aura compris, la séduisante campagne publicitaire profite avant tout à easyJet qui a trouvé un moyen comme un autre de faire parler de ses produits. Les consommateurs devront pour leur part faire voyager leur imagination pour y percevoir de réels avantages.
Yves-Noël Grin


