
Mikado
C’était trop beau. Avec le cours de l’euro au ras des plages de la Méditerranée, on se battait pour payer l’apéro sous les oliviers. Sans parler du déo dont le prix, enfin, baissait au supermarché du coin!
Mais le monde ne tourne pas autour d’un verre de prosecco. Si on veut consommer, il faut travailler. La Banque nationale suisse (BNS) a donc frappé un grand coup en arrimant notre monnaie à l’euro, pour que nous puissions écouler nos montres et notre chocolat. Car, si notre économie flanche, qui pourra encore payer la tournée?
Au bistrot, on ne parle plus, aujourd’hui, du cours de l’euro, mais des lingots de la BNS. Y en aura-t-il assez pour imposer un taux de change aux marchés? On dit qu’il faudra 200 milliards d’euros pour maintenir l’objectif fixé… Avec tout ça, on aurait aussi pu donner un solide coup de main à la Grèce!
En attendant, la petite Suisse a réussi à faire, entre autres, grimper le cours du dollar et de la couronne suédoise, puisque les cols blancs se méfient désormais du bon vieux franc.
Tout ça n’est au fond qu’un immense mikado: si tu tires la bonne baguette, tu gagnes. Si tu prends la fausse…


