
Allianz lorgne les enfants
Allianz propose désormais une solution de prévoyance pour enfants. La réflexion est de mise avant de signer.
Allianz s’inspire des pires cauchemars des parents. «Un grave accident ou une longue maladie, et c’est la vie d’enfants ou de jeunes qui bascule. Des infirmités physiques ou mentales viennent alors souvent contrecarrer les projets d’avenir de ces jeunes et leur famille se retrouve financièrement en difficulté», déclarait récemment l’assureur dans un communiqué.
Il a donc lancé un produit de prévoyance pour les moins de 18 ans proposant un objectif d’épargne (10 000 fr.), un capital de soins (100 000 fr.) et une rente d’incapacité de gain (24 000 fr. par an), en cas d’invalidité due à une maladie ou à un accident. Coût de l’opération: 1214.90 fr. par an pour un nouveau-né de 1 mois. Durée du contrat: 17,9 ans.
Rente limitée
Certes, la rente complète versée par l’AI (70% d’invalidité au moins) pour un enfant invalide est plutôt chiche: 1520 fr. par mois. A ce montant peuvent encore s’ajouter, selon les cas, une allocation pour impotent et des prestations complémentaires.
Pour autant, la solution proposée par Allianz n’est pas forcément la panacée. Pour toucher la totalité de la rente additionnelle, notre bambin devra en effet attendre sa majorité. Et être invalide à 70% au moins, le montant étant fixé proportionnellement au degré de la perte de gain. Une invalidité de 40% équivaut par exemple à un quart de rente ou encore à 500 fr. par mois. Au-dessous de ce seuil, l’assureur ne verse en revanche aucune prestation!
Capital sous condition
Le capital de soins doit, lui, couvrir les soins nécessaires à l’enfant: moyens auxiliaires, réaménagement du domicile, garde par un tiers, etc. Mais les conditions d’octroi sont pour le moins restrictives: le versement unique du capital n’est effectué qu’en cas de paraplégie ou de tétraplégie de l’enfant ou s’il est aveugle ou sourd à 70% de la meilleure oreille ou encore s’il a perdu un bras au-dessus du coude, voire une jambe au-dessus du genou… En outre, s’il décède pendant le délai d’attente de 30 jours imposé par la compagnie, le droit au capital s’éteint.
Dans tous les autres cas, le paiement est fait en trois fois. Avant de pouvoir toucher le premier tiers, l’enfant doit au préalable avoir reçu des soins pendant au moins 416 heures sur une période de 12 mois; or, une semaine d’hospitalisation vaut 16 heures seulement! Les deux tiers restants sont versés avant l’âge de respectivement 22 ans et 25 ans et pour autant que le total des mesures de soins ait atteint 1248 h sur 36 mois, pour chacun des tiers.
Chiche épargne
L’assurance est présentée enfin comme une planification d’épargne idéale pour les parents désireux d’aider leur bambin à entrer dans sa vie d’adulte.
A l’échéance du contrat pourtant, ils risquent bien de faire la soupe à la grimace. Pour garantir un capital de 10 000 fr. (sans excédents), ils auront versé, jusqu’à la majorité de leur rejeton, 21 746 fr. au total. Plus du double! Certes, ce montant inclut également les primes pour la couverture en cas d’incapacité de gain (6981 fr.), le capital de soins (2294.80 fr.) et la libération du paiement des primes (767.90 fr.). Mais, une fois ces derniers montants déduits, la somme consacrée à l’épargne se monte tout de même à quelque 11 700 fr.
Enfin, si l’enfant décède en cours de contrat, seul le montant des primes consacrées à l’épargne, plus la participation aux éventuels excédents – jamais garantis rappelons-le – sont restitués. La part dévolue à la couverture du risque et à la libération du paiement des primes est, elle, définitivement perdue.
«De manière générale, il vaut mieux assurer séparément l’épargne et le risque, en optant pour un produit bancaire et une solution d’assurance», rappelle Tatjana Merz-Kursawe, de VZ Insurance Services. En prévenant toutefois: «Les compagnies qui proposent une perte de gain pour les enfants ne sont pas nombreuses. Quant aux caisses maladie, elles versent généralement un capital d’invalidité, mais pas une rente.»


