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Les inégalités de l’assurance maladie

Les primes augmentent de presque 100% entre le canton le plus et celui le moins cher. Une fois les subsides déduits, cet écart est encore multiplié par trois!

Dans quelques jours, la Confédération va autoriser les caisses maladie à communiquer les inévitables hausses de leurs assurances pour l’an prochain. Elles seront inférieures à la moyenne de ces dernières années, ce qui ne rassure pas pour autant, lorsqu’on sait que l’assurance maladie de base a augmenté de 7,75% par an (moyenne suisse) depuis 1996, alors que l’indice des prix à la consommation, lui, est resté au-dessous de 1%.

Une récente étude de Credit Suisse démontre, par ailleurs, les incroyables disparités entre les différents cantons d’un si petit pays. Si l’on compare les primes demandées en 2011 à un adulte (sans couverture accidents mais avec une franchise de 1000 fr.), on constate qu’il paie 205 fr. par mois en Appenzell Rhodes Intérieures, mais 398 fr. à Genève, soit presque le double.

Le leurre des subsides

On croit pouvoir se consoler en se disant que les subsides accordés par les cantons (avec le soutien de la Confédération) soulagent les plus démunis. Or, il n’en est rien, bien au contraire!

Chaque canton décide en effet quels sont les bénéficiaires et l’importance de cette aide. Du coup, un célibataire vaudois avec un revenu brut de 40 000 fr. (sans fortune) ne touchera rien, contrairement à son homologue bernois qui voit sa prime diminuer d’un tiers, et de 40% dans le canton d’Obwald. Résultat: les 365 fr. payés à Lausanne équivalent à 2,5 fois le coût de la prime du canton d’Obwald.

Cette différence se creuse encore en comparant la situation d’une famille avec deux enfants bénéficiant d’un revenu net de 85 000 fr. Elle ne touche, en effet, aucun soutien à Berne, alors que le total de ses primes est déjà supérieur de 58% à celui d’une même famille habitant Zoug. Mais, comme cette dernière bénéficie aussi d’un subside extrêmement important, elle paie, finalement, quatre fois moins qu’une même famille bernoise, pour des prestations – rappelons-le – parfaitement identiques! (voir graphique).

Les privilégiés... sont privilégiés

Autrement dit: les cantons où les primes sont plus avantageuses que la moyenne sont souvent ceux qui accordent un plus grand soutien à leurs habitants. Et «cette caractéristique se vérifie sur presque tout l’éventail de répartition des revenus et de la fortune», précise l’étude de Credit Suisse. Qui a dit que le fédéralisme avait des limites?


Pour télécharger le graphique, se référer à l'encadré au-dessous de la photo.