
Fausses factures médicales: truqueurs traqués
Les fraudes à l’assurance maladie représentent en Suisse près de 1 milliard de francs par an. Quoi de plus simple pour un vacancier suisse que de rajouter un zéro à la facture, souvent modeste, d’un médecin établi aux antipodes? Ou d’acheter à un faussaire la note fictive d’une clinique inexistante? Sans parler des «opérations d’urgence» qui désignent en fait – une fois sur trois – des interventions de chirurgie esthétique! La majorité de ces documents manipulés sont établis en Afrique, en Amérique du Sud, aux Etats-Unis ou dans le sud-est de l’Europe.
Mais l’âge d’or des escrocs sous les cocotiers touche à sa fin. Car les caisses maladie disposent aujourd’hui, comme les postes de douane, d’un scanner sophistiqué capable de faire apparaître en surbrillance les chiffres ajoutés après coup sur une note écrite à la main. Quant aux factures créées de toutes pièces, elles échappent de moins en moins aux collaborateurs qui prennent contact, si nécessaire, avec des homologues sur place. Ceux-ci auront tôt fait de repérer les fausses cliniques. Et l’enquête, si elle aboutit, sera facturée à l’assuré indélicat!
Au Groupe Mutuel, les vacanciers peu scrupuleux sont dénoncés sans pitié. De son côté, Helsana ne porte plainte que contre les fraudeurs les plus audacieux, les autres devant simplement renoncer à leur remboursement et à leur éventuel contrat d’assurance complémentaire auprès de la compagnie.
CHR


