
De l’or «propre» dans les bijoux, mais pas dans les lingotsI
Inutile de chercher à acheter des lingots d’or «éthique».
Fondu à de multiples reprises, le métal jaune n’est en effet pas traçable. La seule façon de s’en procurer est donc de frapper à la porte d’un bijoutier spécialisé.
Pour l’heure, il n’en existe toutefois qu’une poignée en Suisse. Et pour cause: seules quelques rares filières respectueuses de l’environnement et des conditions de travail des mineurs fournissent des pépites au-dessus de tout soupçon. Car l’or «éthique» est un concept nouveau. Tellement nouveau que le seul véritable label (Max Havelaar) dont il bénéficie n’est pas encore disponible en Suisse!
Du coup, le consommateur responsable doit faire preuve de méfiance, car il ne dispose d’aucune véritable garantie que son bijou soit irréprochable. Pour prouver sa bonne foi, une filière suisse d’importation d’or «propre» – Transparence SA – a certes son propre poinçon pour frapper les bijoux qui correspondent à ces critères. Mais cette initiative est insuffisante pour que l’or «éthique» se démocratise réellement: on en extrait à peine quelques centaines de kilos par année, sur une production globale de 2500 tonnes!
Pas étonnant, dès lors, que cette rareté se paie au prix fort. Pour un bijou, le surcoût varie ainsi entre 5% et 20%. Et il n’est pas prêt de diminuer! Notamment à cause de la flambée des cours de l’or «tout court», qui pourrait bientôt atteindre les 2000 dollars l’once.
NZ


