
Nouvelles pilules contraceptives: danger de thrombose
Les pilules de troisième génération Yasmine et Yasminelle, à base de drospirénone, sont en tête des prescriptions. Et cela, même si elles doublent, voire triplent le risque de thrombose veineuse et de complications circulatoires.
En 2008, une jeune fille de seize ans qui venait de commencer à prendre le médicament incriminé a fait une embolie pulmonaire. L’adolescente, dont le cerveau a été privé d’oxygène, est restée lourdement handicapée.
Selon deux études publiées récemment sur la base de données récoltées en Grande- Bretagne et aux Etats-Unis, la drospirénone augmente en effet fortement le risque de troubles circulatoires. En Suisse, la statistique parle pour elle-même: alors que moins de 20 cas par an étaient imputés aux pilules de l’ancienne génération, 130 patientes atteintes de thromboses ont été déclarées à Swissmedic depuis deux ans.
L’organisme de contrôle des médicaments a pris ces rapports suffisamment au sérieux pour modifier en conséquence les informations à l’intention des professionnels. Aucune interdiction n’est en revanche à l’ordre du jour.
De son côté, Bayer, qui produit la pilule Yasmine, minimise les conclusions de ces études en reprochant à leurs auteurs des «erreurs de méthodologie considérables».
C’est que, présentée aux patientes comme ayant des effets positifs sur leur peau et leurs poids, la pilule Yasmine offre des marges confortables à ses fabricants. Relativement récente sur le marché, elle n’est concurrencée par aucun générique. Alors que, pour les pilules traditionnelles dont les brevets sont échus, on trouve des substituts coûtant 30% moins cher.
Eric Breitinger / Claire Houriet Rime


