
Un taux plancher pour l’euro
La Banque nationale suisse va tout faire pour éviter que le taux de change descende en dessous de 1.20 fr. pour un euro. Quelles conséquences?
Le franc fort est néfaste pour l’industrie suisse, qui dépend fortement des exportations. La Banque nationale suisse (BNS) a donc décidé aujourd’hui de tout faire pour éviter que le cours ne descende en dessous de 1.20 fr. pour un euro.
Concrètement, l’institut monétaire recourt simplement au bon vieux mécanisme de l’offre et de la demande: il achète des devises (euros) «en quantité illimitée» afin de diminuer l’attrait de notre monnaie. A en juger par les taux de change de la bourse d’aujourd’hui et par l’avis de certains analystes, la mesure semble efficace.
Elle est même de nature à rassurer les petits investisseurs. «Il n’est pas nécessaire de se séparer de ses euros, précisément parce que la monnaie européenne ne va pas descendre au-dessous du plancher de 1.20 fr.», estime ainsi Roland Bron, directeur romand de VZ VermögensZentrum. Faut-il au contraire en acheter? «Difficile à dire, il y a trop d’incertitudes.»
La décision de la BNS a également des conséquences positives pour les consommateurs, selon le spécialiste. D’une part, parce que les distributeurs et les fabricants qui ont déjà abaissé le prix de leurs produits importés ne reviendront pas en arrière. Et ceux qui ne l'ont pas (encore) fait, ne trouveront pas dans cette mesure de quoi justifier le statu quo. En effet, avec un euro à 1.20 fr. on reste encore bien au-dessous des taux de change de l'an dernier (entre 1.30 fr. et 1.40 fr.). Et, de surcroît, il y a peu de risques d'évolution à la hausse compte tenu des difficultés actuelles de certains pays de la zone euro. La monnaie européenne devrait donc fluctuer ces prochains mois entre 1.20 fr. et 1.30 fr. Et au-delà? Même les grands économistes avouent être dans le flou.
Nicolas Zeitoun


