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Les dieux maudits du marché

A Wall Street, il est un nom qui engendre à la fois la peur et une indicible fascination: Standard & Poor’s. Cette agence de notation a provoqué un cataclysme sur les Bourses mondiales lorsqu’elle a abaissé la note de la dette publique des USA de AAA, le maximum, à AA+. Depuis, et même si Fitch Ratings, une autre grande agence de notation, a pris le contre-pied en maintenant sa note maximale, le débat fait rage: les agences de notation sont-elles les nouveaux gourous maléfiques d’un capitalisme qui ne sait plus à quel saint se vouer ou un thermomètre relativement fiable des maladies réelles d’une économie? D’aucuns ont réagi dans ce sens en s’étonnant même que les USA et leur dette de 13 400 milliards de dollars aient pu conserver leur AAA aussi longtemps, tandis que les détracteurs des agences ont hurlé à la supercherie, accusant les agences d’arrogance, d’amateurisme et d’opacité.

Si le débat est complexe, un exemple relativise – c’est le moins qu’on puisse dire – la pertinence des analyses des agences. En 2007, le système des subprimes, ces fameux prêts hypothécaires à risque, s’effondrait. S’ensuivait une crise générale du système financier et une vertigineuse dégringolade boursière. Or, pendant des années, les agences de notation ont suivi de très près ces crédits et les ont considérés comme étant sûrs, en leur accordant la note maximale AAA!