
Existe-t-il encore un pouvoir politique?
C’est Keynes, le célèbre économiste anglais, qui, à l’époque déjà (il est mort en 1946…), avait souligné que, à mesure que la taille des marchés progresse, l’activité de spéculer l’emporte sur celle d’entreprendre, c’est-à-dire de produire des richesses réelles.
Faut-il qu’ils soient devenus disproportionnés pour en arriver à une pareille pagaille! Disons-le sans ambages: les marchés ne voient que leurs intérêts à court terme et se fichent des ravages qu’ils sont en train de causer. Pire: ils dictent leur loi au pouvoir politique, lequel ne sait plus que tricoter des plans d’austérité pour coller à leur programme triple A, quitte à, définitivement, saigner les Etats proches de la faillite et à asphyxier les autres.
Il y a trois ans pourtant, c’est bien lui qui a sauvé les banques et relancé l’économie. Aujourd’hui, ce sont les banques qui exigent la reprise des dettes souveraines dont elles ne veulent plus, avec une rigueur telle que le redressement semble quasi impossible. Tout, tout de suite et sans discussion.
Après 30 ans de dérégularisation, il est temps de revoir les règles de base et de se demander, sans tergiverser, si la Bourse doit, une fois encore, imposer son point de vue!

