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10 barres de céréales : des graisses et du sucre à la barre

Les barres de céréales ne sont pas aussi saines qu’elles le laissent paraître. Elles sont trop grasses et trop sucrées, comme l’illustrent les dix produits de notre test.

Elles ont, a priori, tout pour elles: prix abordable, faible encombrement et vaste palette de saveurs. Autant d’arguments qui ont hissé les barres de céréales sur le présentoir des en-cas les plus appréciés. Les sportifs l’adorent, les enfants en redemandent. Les nutritionnistes, eux, ne salivent pas avec le même ravissement. C’est que la composition de ces produits n’est pas aussi saine que le laissent supposer les épis de blé et morceaux de fruits qui ornent les emballages.

Avec modération

Trop sucrés ou trop gras, les articles que nous avons passés au crible ne constituent pas une collation équilibrée. C’est du moins la conclusion à laquelle est arrivée Sylvana Dévaud, diététicienne diplômée HES, qui a décrypté l’étiquette de dix barres de céréales: «La consommation de ce genre de produits devrait rester occasionnelle et être complétée par exemple par un fruit frais pour augmenter la teneur en fibres et en vitamines de l’en-cas», résume-t-elle.

Menée en collaboration avec l’émission On en parle (RSR-La Première), notre test a porté sur des barres de céréales à la pomme (lire encadré «Les critères du test»). L’analyse de la valeur nutritive s’est concentrée sur les lipides (matières gras ses), les glucides (sucres), les fibres alimentaires et le sel. Pour davantage de clarté, les articles ont été répartis en deux catégories (voir tableau): les barres d’un poids compris entre 20 g et 25 g et celles qui oscillent entre 40 g et 50 g.

Merci l’huile de palme et la graisse de coco!

Premier constat, l’appréciation «très bon» est restée dans les tiroirs. La meilleure barre de la classe «20 g à 25 g», celle de Coop Naturaplan, a atteint de justesse la mention «bon» avec un total de 4.8 points. Seule la barre Taste of nature, la plus chère du test, sort quelque peu du lot en décrochant la note 5. Elle n’échappe pas pour autant à la critique en affichant le plus fort pourcentage de matières grasses (12,5 %).

Dans l’ensemble, les produits sont jugés trop gras, même si la moyenne des lipides (9,4%) des dix produits reste juste inférieure au plafond admis (10%). Mais, plus que la quantité, c’est la qualité qui inquiète: huit des dix articles ont une proportion d’acides gras saturés (AGS) nettement supérieure au seuil (25%) tolérable.

«L’utilisation de l’huile de palme et de la graisse de coco en est souvent la cause, même si la nature des matières grasses n’est hélas pas toujours précisée, déplore Sylvana Dévaud. Mais, si l’huile était de bonne qualité, on ne cacherait pas cette information.»

Pas assez de sucres complexes

Les matières grasses ne sont pas seules en cause. Le sucre est lui aussi sujet à caution, avec des quantités globalement trop élevées. Le signe qui ne trompe pas, c’est la prédominance des sucres simples (rapides) dans cinq des dix produits. «Idéalement, un aliment à base de céréales devrait avoir une plus grande proportion de sucres complexes, c’est à dire au moins 50%», rappelle la spécialiste.

Pour ce qui est des fibres alimentaires, l’écart entre les produits est faible. Seul l’Activo, de Balisto, se distingue grâce à l’apport de fibres prébiotiques. De même, la teneur en sel est très proche d’une composition à l’autre. Deux échantillons, le Taste of nature et le Natura Vita, marquent néanmoins des points en se passant de sel ajouté. Comme quoi, sel, sucres et graisses doivent être incorporés avec parcimonie pour qu’un produit place la barre haut.

Yves-Noël Grin

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