
Couvrir le risque de change
Depuis plusieurs mois, l’euro et le dollar sont à la peine face au franc suisse. Pour l’investisseur qui a placé ses billes dans des titres libellés dans ces monnaies, alors que le franc était encore à un niveau raisonnable, c’est la soupe à la grimace, puisque ses avoirs ont fondu comme neige au soleil. Aurait-il pu éviter pareille déconvenue?
Une solution accessible aux investisseurs privés consiste à opter pour des fonds de placement incluant une couverture contre le risque de change. Ce type de protection est plus répandu dans les fonds d’obligations que dans les fonds en actions. Mais cette protection représente un surcoût annuel d’environ 0,2% à 0,5% de la somme investie.
Un supplément qui laisse sceptique Florian Schubiger, conseiller financier chez VermögensPartner. Le spécialiste estime que le jeu n’en vaut pas forcément la chandelle. Surtout dans le cas de fonds en actions: le risque de change ne représente en effet, selon lui, qu’une petite partie du risque total encouru. En outre, un affaiblissement de la devise d’un pays peut très bien être compensé par l’augmentation des exportations, et donc par une hausse de la valeur d’une société. En revanche, ce genre de protection peut s’avérer efficace dans le cas de fonds d’obligations, mais à condition que le gérant veille à ce que ces dernières soient couvertes à court ou à moyen termes, car une protection à longue échéance ne s’avère en principe pas efficace. En outre, le franc doit rester fort. S’il baisse, la protection deviendra évidemment inutile.


