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Un chauffe-eau électrique, ça s’entretient

Pratique et silencieux, on a tendance à l’oublier des années durant. Mais alors gare au tartre.

Les propriétaires dont la maison est équipée d’un chauffe-eau électrique ont tendance à le délaisser. Pas étonnant: silencieux et totalement automatique, l’appareil semble toujours en parfait état de fonctionnement, du moment que l’eau chaude coule au robinet.

Pourtant, au fil des années et même si on ne s’en aperçoit pas, le chauffe-eau s’entartre et perd en efficacité. Car du calcaire se dépose continuellement au fond de la cuve et, au fil du temps, peut recouvrir le corps de chauffe. Ainsi isolé du contact de l’eau, ce dernier a besoin alors d’un temps de chauffe plus long, ce qui alourdit la facture d’électricité. Et, si la situation s’éternise, son fonctionnement sera même irrémédiablement endommagé, engendrant de gros frais de remplacement.

Autre effet non négligeable du tartre: la perte en quantité d’eau chaude. En effet, après plusieurs années, et selon la dureté de l’eau dans la région, le calcaire occupe de plus en plus de place, parfois largement au-delà de 10% du volume utile!

Conseils et entretien

Remplacer le chauffe-eau d’une villa individuelle, d’une contenance de 300 litres en moyenne, revient à 3500 fr. environ (2000 fr. pour le matériel et 1500 fr. pour la dépose de l’ancien et l’installation du nouveau).

Afin d’éviter de tels frais, qui peuvent survenir en quelques années seulement, Philippe Collet, conseiller technique de la Société suisse de l’industrie du gaz et des eaux (SSIGE), conseille un détartrage périodique dont la fréquence varie selon la dureté de l’eau: tous les deux à trois ans lorsque l’eau est très calcaire, et jusqu’à 10 ans au maximum. Un service d’entretien coûte de 500 fr. à 600 fr. en moyenne. Dans ce cas, le chauffe-eau aura une durée de vie de 15 à 20 ans au moins.

Pour éviter un entartrage prématuré, il convient aussi de contrôler que la température de chauffe ne dépasse pas 60°C. C’est en effet à partir de cette température que la quantité de calcaire déposé décuple. Attention toutefois à ne pas régler le thermostat sous la barre des 55°C, afin d’écarter les germes pathogènes.

L’électrique en disgrâce

Pour des raisons d’économies d’énergie, les cantons ne permettent plus d’installer des chauffe-eau fonctionnant intégralement à l’électricité dans les nouvelles maisons. Ce qui est, en revanche, possible pour remplacer une installation existante. Mais, dans ce cas, il est recommandé de privilégier un modèle combiné avec l’énergie solaire (lire encadré). En attendant le remplacement du chauffe-eau, et pour faire encore quelques économies d’énergie, vérifiez auprès de votre fournisseur d’électricité que le système de chauffage de l’eau ne fonctionne que la nuit. L’eau sera ainsi chauffée à un tarif réduit, et conservée pour être utilisée la journée.