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Les blanchisseurs fuient la Suisse

En gelant les avoirs des dictateurs déchus, la Suisse lutte contre le blanchiment. Mais la procédure pour la restitution des fonds reste longue.

Entre janvier et février, la Suisse a bloqué les comptes des présidents Ben Ali (Tunisie), Gbagbo (Côte d'Ivoire), Moubarak (Egypte) et Kadhafi (Libye). Ces gels en série sonnent comme un avertissement: les banques helvétiques ne sont plus un eldorado pour les fonds d'origine illégale. La Loi sur le blanchiment d'argent (LBA) de 1998 avait déjà changé les règles du jeu. Impossible, désormais, de déposer un million de francs à la banque sans pouvoir en prouver l’origine. Dubaï, Singapour ou Hong Kong, moins curieuses, ont donc pris la relève dans ce domaine.

La Suisse est aussi un des pays les plus actifs pour rendre l'argent détourné. Ces quinze dernières années, elle a ainsi restitué aux Etats concernés 1,7 milliard de francs sur les 5 milliards rendus dans le monde. Et, depuis le 1er février dernier, la nouvelle Loi sur la restitution des avoirs illicites (LRAI) facilite encore les procédures de blocage et simplifie la restitution en cas de manque de coopération avec les pays concernés, quand, comme à Haïti, l'Etat se montre défaillant.

Les Tunisiens qui ont manifesté devant leur ambassade à Berne pour récupérer les 80 millions de francs déposés par Ben Ali doivent toutefois se montrer encore patients: la procédure de restitution restera longue

Source: La Liberté