
Du carnet rose au livret de service
L’alerte a été donnée par l’Office fédéral des assurances sociales (OFAS) qui gère les allocations pour perte de gain (APG). Cette cagnotte est destinée à dédommager les soldats pendant leur engagement sous les drapeaux. Depuis 2005, elle finance également le congé maternité.
L’armée peut aussi y puiser pour rétribuer les engagements volontaires lors de manifestations, que ce soit pour monter un coin bistrot ou veiller sur le bétail à l’Olma de Saint-Gall. Et c’est là que le bât blesse: le but des APG, estime l’OFAS, qui juge ces «largesses» exagérées, n’est pas de fournir l’argent de poche à ces enthousiastes soldats, mais de combler un manque à gagner.
Cette générosité contraste du reste singu lièrement avec la pingrerie helvétique en matière de congé maternité, soit 14 semaines à 80% à moins que l’employeur ne se montre plus charitable. La majorité des pays européens octroient davantage. Et, pour mémoire, il aura fallu près de 60 ans pour convaincre la Berne politique d’affecter les sacro-saintes APG aux pauses biberons et pas seulement aux troufions.
On l’aura compris: à Berne, les drapeaux sont mieux considérés que les couches-culottes. Mais, si les femmes ne font plus de bébés, qui montera le bar de l’état-major dans 20 ans?

