
Et si la terre tremblait en Suisse?
Un gros séisme n’est pas à exclure en Suisse. Dès lors, vaut-il la peine de s’assurer?
Seuls 10 des quelque 500 à 800 tremblements de terre enregistrés chaque année en Suisse sont ressentis par la population. Pourtant, il faut s’attendre à un séisme de magnitude de 6 sur l’échelle de Richter tous les 100 ans, prévient l’Office fédéral de l’environnement. Le dernier, de force 6,1, a eu lieu à Sierre en 1946.
Si la prédiction de l’OFEV se réalise, la qualité du dédommagement ne sera pas la même selon les cantons, puisque l’assurance tremblement de terre n’est pas obligatoire, excepté dans celui de Zurich. Les 18 cantons disposant d’un établissement d’assurance contre l’incendie – tous les romands, à l’exception de Genève et du Valais – mettent à disposition, mais à bien plaire, 2 milliards de francs, pour autant que l’intensité du séisme atteigne 7 au minimum sur l’Echelle macrosismique européenne (EMS 98). Soit de quoi renverser les meubles et causer la fissuration des murs ou la chute des cheminées sur des bâtiments ordinaires! De plus, si le total des dégâts dépasse cette somme, les 2 milliards de francs seront répartis entre tous les propriétaires sinistrés, qui devront encore s’acquitter d’une franchise de 10% de la somme assurée, mais au minimum de 50 000 fr.
Les sept autres cantons restants disposaient jusqu’en décembre dernier d’un fonds, facultatif également, de 200 millions de francs mis à disposition par les assureurs privés. Mais c’est fini: les sinistrés devront désormais prendre entièrement en charge leurs dégâts.
Risques assurés
Libre à chacun, par conséquent, de décider de s’assurer ou non auprès d’une compagnie privée. Generali, Helvetia, et Nationale Suisse notamment proposent ce type de couverture. Lloyd’s également, mais la compagnie n’a pas jugé opportun de répondre à nos questions.
Sont couverts: les dommages dus au séisme ainsi que les dégâts d’incendie ou d’eaux et les pillages consécutifs au tremblement de terre. Moyennant surprime, les frais de déblaiement, de démolition, de remise en état du jardin ou encore le renchérissement des coûts de construction et la perte de revenu locatif pour les biens loués à des tiers le seront aussi.
En revanche, les tremblements de terre causés par l’homme (travaux de géothermie, par exemple) sont exclus. En cas de doute, seul le jugement du Service sismologique suisse (SED) fera foi.
Les primes diffèrent selon l’emplacement géographique et la valeur d’assurance du bien immobilier. Il en coûtera par exemple entre 199.50 fr. et 640.50 fr. selon que la maison est située dans le canton de Vaud (risque faible) ou en Valais où le risque sismique est le plus élevé de Suisse. Aucune magnitude minimale n’est fixée, mais une franchise, variant selon les compagnies entre 2% et 10% du montant de la somme assurée, est appliquée. Nationale Suisse applique, quant à elle, une franchise (5%) sur la valeur du dommage. La plupart des établissements prévoient également une limite d’indemnisation: 500 millions par exemple chez Helvetia. En clair, le cumul des indemnités de tous les sinistres ne peut dépasser cette somme. Le cas échéant, elles seront réduites en conséquence.
Attention: les dégâts ne sont couverts que pendant une durée comprise entre 72 heures à 168 heures selon les assureurs après la survenance du séisme. Passé ce délai, les pertes ou dommages occasionnés par des répliques ne seront plus pris en charge.
Anticiper…
Intégrer les normes parasismiques dès la construction de la maison permettra de réduire les risques et n’occasionnera qu’un surcoût de 1% à 2%. Pour l’instant, seuls les cantons du Valais et du Jura les imposent pour toutes les nouvelles constructions soumises à autorisation. Un renforcement ultérieur, en revanche, peut représenter jusqu’à 20% de la valeur. A méditer donc…

