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Mieux gérer son portefeuille

Souvent, les petits investisseurs placent mal leur argent. Voici comment éviter les principales erreurs et opter pour une meilleure stratégie.

Comme chaque année, les petits investisseurs ont reçu un relevé de leur portefeuille ainsi qu’une analyse détaillée de leur composition. Mais parler «d’analyse» est un bien grand mot: les banques n’ont, en effet, aucun intérêt à indiquer de mauvais rendements ou d’admettre que leurs frais sont plus élevés que chez certains concurrents…
Il peut donc être utile de mener un travail plus approfondi et de se demander si la stratégie adoptée jusqu’ici est toujours adéquate. Dans ce sens, Tout Compte Fait propose, en collaboration avec les spécialistes financiers de VZ VermögensZentrum, une analyse complète et professionnelle de votre portefeuille pour la somme de 100 fr. (lire encadré page suivante).
Pour comprendre – de façon extrêmement simplifiée – le processus de base, prenons l’exemple d’un portefeuille de titres en 2010 dont l’investissement s’élevait à 210 645 fr. et contenait 10 positions (voir tableau).

Tolérance au risque
- Dans cet exemple, 97% des titres sont des actions. Le solde est constitué de produits structurés (ZKB Q-MAT Produktion), investis dans des matières premières. Du coup, tous les titres appartiennent à la classe de risque élevé (désignés par l’abréviation R3 dans la dernière colonne du tableau). Investir de la sorte permet certes de miser sur des rendements supérieurs, mais présente aussi des dangers élevés. Un tel portefeuille n’est donc recommandé qu’aux personnes dont la tolérance au risque est éprouvée.
- Concrètement, l’investisseur peut aspirer, sur le long terme, à un rendement global de 8%. Mais cela n’est qu’une moyenne calculée à partir des prévisions de VZ, qui s’étalent dans une fourchette allant d’un bénéfice de 44% à une perte de 28%! Des marges de fluctuation qui, en plus, sont fondées sur des valeurs passées. Par conséquent, VZ rappelle qu’elles ne représentent aucune garantie pour les temps à venir.
- Le Fonds ZKB (Banque Cantonale de Zurich) constitue plus d’un tiers du portefeuille, soit quelque 70 000 fr. C’est beaucoup et constitue donc un risque élevé. Ce fonds n’est d’ailleurs pas le seul à être surreprésenté: les parts investies dans les actions de ABB, Credit Suisse, Roche et Zurich Financial Services devraient, elles aussi, être réduites.

Mieux diversifier...
- Les fonds et les produits structurés sont des titres qui proviennent directement de l’établissement bancaire (ici: Banque Cantonale de Zurich). Pour VZ, «l’utilisation de ces produits propres aux banques peut provoquer un conflit d’intérêt. Etant donné que les banques gagnent principalement leur argent par ce biais, elles peuvent être amenées à proposer à leurs clients non pas les meilleurs produits, mais plutôt ceux qui leur rapporteront les rendements les plus intéressants.»
- Ces trois dernières années, le ZKB-Ressourcen Vision Fonds a dominé les autres fonds de sa catégorie. En revanche, les deux autres produits de ZKB étaient, eux, peu rentables. Il aurait donc fallu chercher de meilleurs investissements et ainsi améliorer la sélection.
- Et 59% des titres sont investis en Suisse. Or, les actions suisses ne représentent que 3% du marché boursier mondial. Il est donc vivement conseillé d’intégrer des marchés extérieurs plus importants, comme l’Europe ou l’Amérique du Nord ainsi que les pays émergents.
- Dans ce portefeuille, les domaines de la finance, de la médecine et de l’industrie sont surreprésentés. Opter pour une meilleure distribution entre les secteurs économiques permet de diminuer les risques.

...Sans s’éparpiller
- Outre ces erreurs fréquentes à éviter, VZ souligne également la tendance des petits investisseurs à s’éparpiller. Par exemple, un portefeuille bancaire qui contient 20 positions dont neuf de moins de 2% comporte des inconvénients. Les petits placements engendrent souvent des frais inutiles et portent préjudice au portefeuille dans son ensemble. En fait, on a l’impression que le fonds est suffisamment varié, mais, en fin de compte, l’effet de cette diversification n’est pas vraiment efficace.
- Il est aussi utile de comparer les frais de gestion des différentes banques, très variables. Il est possible, lorsqu’on achète des actions, de faire jusqu’à 90% d’économies! Un potentiel également réalisable au niveau des frais de dépôt: selon les établissements, ils peuvent être réduits de moitié. Cela compte: en choisissant une banque avantageuse qui permet ainsi d’économiser 0,5% sur le rendement d’un investissement initial de 100 000 fr., le bénéfice final sera amélioré de 6100 fr. après 10 ans et même de 15 000 fr. après 20 ans. Enfin, il est déconseillé d’acheter des produits structurés, les frais correspondants étant particulièrement importants.