
Le business des dettes
Qu’est-ce qui distingue certaines sociétés de recouvrement de celles qui, par exemple, proposent des inscriptions dans des annuaires inutiles? Franchement, plus grand-chose! Les méthodes employées pour tenter de récupérer le montant d’une dette – qui plus est, parfois contestée – n’ont, en effet, rien à envier à celles utilisées pour tromper délibérément le quidam.
Notre enquête (lire page 5) démontre qu’elles usent de stratégies parfois caricaturales (soldes d’automne ou offres spéciales pour l’année nouvelle…), d’un langage catégorique et menaçant, et qu’elles ressuscitent des dettes souvent moindres – mais dont le montant double ou triple avec les intérêts et les frais de traitement – et, de surcroît, prescrites depuis longtemps déjà.
Que l’on se comprenne bien: nous ne faisons pas partie des maximalistes qui estiment que le consommateur a tous les droits. Il a aussi des devoirs, et honorer ses factures en est un. Il est donc légitime que les créanciers cherchent à récupérer leur dû. Il n’est pas non plus répréhensible qu’ils confient cette tâche à un tiers. Mais il y a la manière, tant dans la forme (formulation et transparence) que dans le fond (respect de la loi et prudence face aux possibles erreurs). Et ça, visiblement, certaines sociétés de recouvrement n’en ont cure.

