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L’entrée en EMS, pas à pas

Tous les chemins ne mènent pas à l’EMS. Il existe des moyens de conserver très longtemps son autonomie et d’autres d’adoucir son éventuelle entrée.

Seulement 12% à 18% des personnes âgées de plus de 80 ans, en Suisse romande, résident dans un établissement médicosocial (EMS), alors que la moyenne s’élève à plus de 25% dans certains cantons alémaniques (source: OFS 2004). Et il est plutôt réjouissant de savoir que ces faibles proportions sont dues, notamment, au développement des aides pour le maintien à domicile. Aujourd’hui, même étant très âgé, il est donc souvent possible de rester chez soi, dans de bonnes conditions, sans épuiser sa famille. 

Ce n’est que lorsque la perte d’autonomie devient trop importante que l’EMS offre l’encadrement le plus adéquat. Bien sûr, personne n’y entre vraiment de gaieté de cœur et cela se passe souvent dans l’urgence au sortir de l’hôpital. Voici, néanmoins, dix pistes pour prendre les devants et s’y préparer au mieux. 

Avant l’entrée en EMS

  1. Demander de l’aide à domicile
    Les services proposés par les centres médico-sociaux, la Croix-Rouge, Pro Senectute et de nombreux bénévoles, permettent de se faciliter la vie. Ménage, transports, soins, mais aussi coups de main pour adapter son lieu de vie aux handicaps de l’âge, sans oublier les loisirs, figurent parmi les innombrables prestations offertes (voir bonus web). Souvent, elles sont gratuites ou prises en charge par les assurances ou les prestations complémentaires de l’AVS.
  2. Trouver une alternative à l’EMS
    Différentes formes de logement sont envisageables durant la vieillesse: appartement sécurisé, colocation ou copropriété, notamment. Et pourquoi ne pas mettre en place un espace avec ses meilleurs amis? Choisir un logement équipé d’un ascenseur, sans seuils, avec une douche et proche de diverses infrastructures, permet aussi de conserver plus longtemps son indépendance.
  3. Choisir son EMS
    Bien que les places soient comptées, la plupart des établissements permettent encore de s’inscrire sur une liste d’attente. Et, même dans le canton de Vaud où cela n’est plus possible, on peut émettre des préférences. Aussi ne faut-il pas hésiter à visiter plusieurs EMS, demander à prendre un repas, passer une journée ou s’inscrire pour un court séjour. Il est tout aussi important de rencontrer la direction et de s’informer des conditions d’hébergement, du prix de la pension, des activités d’animation, des horaires de vie et de la possibilité d’amener son animal de compagnie et quelques meubles ou objets affectionnés.
    Parmi les critères de choix, la priorité devrait être donnée à un encadrement adapté à ses problèmes de santé – gériatrie simple ou psychogériatrie, par exemple – à la proximité entre l’EMS et ses proches et/ou d’un endroit où l’on aime vivre et, enfin, à la possibilité d’avoir une chambre individuelle, si on le souhaite.
  4. Refaire son budget
    Les tarifs des EMS reconnus d’intérêt public sont assez proches. Dans le canton de Vaud, par exemple, le forfait journalier moyen s’élève à 150 fr. Mais, lorsque les revenus du résidant ne suffisent pas, et s’il a moins de 25 000 fr. de fortune, il a droit à l’aide financière des prestations complémentaires de l’AVS (lire ci-dessous, point 6).
  5. Liquider ses biens
    La question est très délicate, car lorsqu’on donne une avance sur héritage à ses enfants et que, ensuite, les moyens de couvrir les frais de pension manquent, ils devront probablement participer aux frais du home. Cela dit, plus on s’y prend longtemps à l’avance, moins ses proches sont mis à contribution (lire TCF 7/2008 et 7/2009).

    Dès l’entrée en EMS

  6. Déposer une demande de PC
    Les prestations complémentaires à l’AVS (PC) compensent non seulement les revenus du résidant lorsque ceux-ci ne suffisent pas à payer le home, mais elles prennent aussi en charge la quote-part et la franchise de l’assurance maladie. Elles contribuent également, à raison de 240 fr. par mois, aux dépenses personnelles, telles que coiffeur ou transports privés (lire TCF 5/2006). Même propriétaire d’une fortune mobilière ou immobilière, il vaut la peine d’adresser une demande à la caisse de compensation: en cas de refus, cela permet au moins de connaître les conditions d’octroi et le délai dans lequel une nouvelle demande pourra être activée, car la situation financière de la personne va forcément se modifier au cours du temps.
  7. Vérifier la prime d’assurance maladie
    Quand la personne bénéficie des PC, sa prime d’assurance maladie de base doit être inférieure à la moyenne cantonale pour être totalement prise en charge. Sinon, il serait judicieux de changer de caisse maladie. Il faut aussi choisir la franchise la plus basse, soit 300 fr. par an.
  8. Examiner l’utilité des autres assurances
    En EMS, plus besoin d’assurance ménage, notamment. La RC privée reste, en revanche, recommandée ainsi que certaines assurances maladie complémentaires quand elles couvrent, par exemple, les médicaments hors liste ou les transports médicaux. Leurs primes ne sont toutefois jamais prises en charge par les régimes sociaux: il faut donc pouvoir se les permettre financièrement.
  9. Résilier ses divers contrats
    Dès que le retour à domicile n’est plus envisageable, le bail, l’abonnement téléphonique et les autres contrats liés à son ancien domicile sont à résilier dans les meilleurs délais. Bon à savoir: si la personne n’a pas les moyens de payer les factures en suspens ou son loyer jusqu’à la fin du bail, des aides cantonales prennent souvent le relais.
  10. Adapter les acomptes d’impôts
    A moins d’avoir de la fortune ou d’importants revenus, la plupart des résidants en EMS ne paient plus d’impôts, car leurs factures de home sont déductibles. Dans tous les cas, il faut demander une adaptation des acomptes.

Joy Demeulemeester



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