
Chères petites lettres
Pour un peu, François (prénom fictif) perdait la quasi-totalité de prestation décès de son assurance vie mixte (une part des primes sert à l’épargne, l’autre au risque décès). Il y a trois mois, ce lecteur vaudois, alors en mal d’argent, demande à son assureur un prêt sur la police qu’il a contractée en 2006. Ne pratiquant pas ce type de crédit, la compagnie entre toutefois en matière pour un rachat partiel. Elle propose donc à François de récupérer une partie des primes qu’il a déjà payées et, en contrepartie, de diminuer les prestations.
Le cœur léger, il donne son accord et reçoit quelques jours plus tard la somme d’argent convenue (1600 fr.) sur son compte ainsi qu’un nouveau contrat. Avec stupeur, il découvre alors que la prestation décès a été réduite de… 90%! Autrement dit, il aurait payé au total, à l’échéance du contrat, 47 000 fr. de primes pour toucher seulement 4700 fr.!
Problème: la compagnie d’assurances ne lui avait pas clairement indiqué la teneur de cette réduction. Dans sa proposition de rachat, elle s’était contentée d’écrire que «la prestation de décès est diminuée de % (sic!) en cas de rachat partiel». «Si cela avait clair dès le départ, je n’aurais jamais signé», raconte François, qui a découvert plus tard que la clause figurait pourtant dans les CGA (conditions générales d’assurance). Reste que le Vaudois a dû batailler ferme pour annuler la nouvelle police. Pour toute excuse, l’assurance a reconnu une «erreur».
Si notre lecteur, lui-même ancien agent d’assurances, a tenu à raconter son histoire, c’est pour rappeler une consigne incontournable: «Il faut toujours bien lire les petites lettres avant de signer…»
Nicolas Zeitoun

