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Le bon sens, c’est aussi interdire

La justice n’a que faire du bon sens et du courage. Car la moitié du Parlement vaudois a fait preuve de bon sens en décidant, en 2005, d’interdire la publicité pour le petit crédit à la consommation. Et la Ville de Lausanne a montré du courage en osant, la première, appliquer cette loi à la lettre. Las! Le Tribunal cantonal a préféré la voie étroite du droit, estimant que, seule, la Confédération pouvait légiférer en la matière et – pire encore – que cette interdiction était disproportionnée en regard des effets qu’on peut en espérer.

Soyons clair: le crédit à la consommation n’est pas une tare en lui-même et peut même être utile ponctuellement. Nous en parlons régulièrement dans nos colonnes (comme nous le faisons pour les prêts entre particuliers en page 5), en soulignant toutefois qu’il coûte cher et, surtout, qu’il est souvent la première étape dans l’engrenage de l’endettement, des jeunes particulièrement. Les campagnes publicitaires le proposant pour financer une semaine de vacances ou l’achat d’une voiture rutilante nous semblent dès lors perverses et dangereuses. Or, ce ne sont pas les toutes petites lettres obligeant les banques à chiffrer le coût du crédit qui vont «proportionnellement» suffire à lutter contre leur attrait. Leur interdiction était donc raisonnable, quoi qu’en pensent les juges vaudois.

Christian Chevrolet