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La facture parfois salée des crèches subventionnées

Confier son bébé à une structure financièrement soutenue par le canton ou la commune coûte quelquefois plus cher aux parents jouissant d’un haut revenu.

Alors qu’une famille à revenu moyen a tout intérêt à confier ses enfants à une crèche publique, un couple, financièrement très à l’aise, économise parfois de l’argent en choisissant une crèche privée. Notre comparaison des tarifs mensuels (voir tableaux) montre, en effet, qu’un père et une mère gagnant, respectivement 5500 fr. et 2880 fr., s’en sortent toujours à meilleur compte s’ils placent leurs deux enfants, trois jours par semaine, dans une garderie subventionnée. Mais qu’un couple jouissant de salaires très élevés paie parfois moins dans une crèche privée. Dans notre exemple, cinq jours par semaine reviennent, en effet, moins cher dans la crèche privée de Bienne (673 fr. de moins par mois), de Neuchâtel (435 fr.) et de Lausanne (131 fr.).

En soi, c’est assez logique, puisque toutes les crèches subventionnées calculent le prix selon un barème progressif lié au revenu. Tandis que les crèches privées appliquent souvent un tarif unique à l’heure ou à la journée, quel que soit le salaire des parents.

Prix plafonnés

Dans les crèches publiques ou subventionnées, passé un certain revenu, la participation des parents aux coûts les couvre totalement, ou presque. La subvention perd donc de son impact et le prix cesse aussi de s’élever. A Fribourg, par exemple, au-delà de 147 000 fr. de revenu annuel brut, pour une fréquentation de la garderie à 100%, soit cinq jours complets par semaine, l’abonnement plafonne à 1800 fr. par mois, que les parents gagnent 147 001 fr. ou 200 000 fr. Le prix ne peut, en effet, pas excéder le coût réel.

Ce coût brut a, notamment, été estimé à 10.60 fr. l’heure dans le canton de Vaud, lors d’une récente étude mandatée par l’Office fédéral des assurances sociales. Par conséquent, pour une personne employée à plein temps et devant faire garder son enfant neuf heures par jour, cinq fois par semaine et quatre semaines par mois, la facture mensuelle s’élèverait à près de 1908 fr. dans le canton de Vaud. Si cette charge financière incombait aux seuls parents, beaucoup ne pourraient tout simplement pas se le permettre.

Subventions inégales

La participation des communes ou des cantons est toutefois très inégale d’une région à une autre. Dans le Jura, par exemple, la répartition du financement est de 62% pour le canton et de 38% pour les communes. Autre situation parmi d’autres, le canton de Fribourg, lui, ne verse aucun subside, l’essentiel des fonds provenant des communes. Le SECO vient d’ailleurs de lancer un site internet riche en informations à ce sujet: www.travailetfamille.ch. Enfin, il arrive également, à Sion notamment, que toutes les crèches, privées ou publiques, touchent des subsides et pratiquent un tarif identique.

Revenu déterminant

La facture adressée aux parents varie également en fonction des critères retenus pour calculer le revenu déterminant. Toutes les crèches subventionnées du canton de Neuchâtel basent leur unique tarif sur le revenu imposable. Celles en ville de Fribourg partent du revenu brut pour leurs calculs et tiennent compte des allocations familiales ainsi que du revenu de la fortune des parents. Le canton de Berne fait de même, mais ajoute 5% de la fortune excédant 100 000 fr. Et, dans la commune de Genève, c’est le revenu net qui sert de base, la fortune n’est pas prise en compte, ni les allocations la plupart du temps (voir bonus web*).

Le rabais accordé dès le 2e ou 3e enfant confiés diffère également. Parfois, chaque type de famille fait l’objet d’une tabelle de prix différente, comme à Berne. Alors que les crèches subventionnées en ville de Genève déduisent 10 000 fr. du revenu déterminant à partir de trois enfants à charge, qu’ils fréquentent tous la crèche ou non. De plus, dès le second enfant placé simultanément, l’abonnement le moins cher jouit d’un rabais de 50%. Et, dès le 3e enfant, l’abonnement le moins cher est même offert. A noter que les rabais de «groupe» ne sont pas un apanage propre aux crèches publiques ou subventionnées: les crèches privées aussi en accordent fréquemment.

Repas compris

Les parents doivent enfin vérifier ce que comprend le tarif de base. Les repas et les collations sont parfois facturés en plus, comme à Sion, où le dîner coûte 8 fr. et les quatre-heures 2 fr. (ces frais ont été compris dans tous les prix des tableaux ci-dessous). A l’inverse, la prestation de certaines crèches publiques lausannoises comprend même les couches.

Mais, bien que la comparaison des prix et des prestations soit utile, il faut admettre que, en pratique, la marge de manœuvre des parents est limitée: le plus difficile restant à trouver une place de libre pour son enfant, quitte à s’y prendre dès le premier test de grossesse positif.

Joy Demeulemeester


BONUS WEB: Crèches publiques